
BRÈVE
PRÉSENTATION DE LA STRUCTURE :
L´AMPT (Association Méditerranéenne de Prévention des
Toxicomanies) a été créée en 1984 afin d´apporter des
réponses aux difficultés rencontrées par les consommateurs
de drogues illicites et leurs proches.
Pour
répondre à cet objectif, elle gère divers services d´accueil
et de soins conventionnés avec l´ état français :
1.
deux CAS (Centre d´Accueil et de Soins), l´une
dans la ville de Marseille, l´autre dans celle de Martigues
2.
Un lieu d´accueil "bas seuil" pour
les usagers les plus en difficulté (ouvert dès 1993) :
Transit
3.
Le Centre d´Information et de Ressource sur les
Drogues et les Dépendances (ouvert dès 1994) :
il s´agit d´un pôle de référence régional en matière
d´information, de documentation et d´engineering de
prévention
4.
Un service Prévention, qui intervient en milieu
scolaire ainsi que dans une démarche globale d´éducation
pour la santé avec le réseau des structures éducatives
et sociales
5.
Un service Formation initiale et continue des
professionnels concernés par les drogues légales et
illégales
6.
Un dispositif de prévention et d´accès aux soins :
les Points Ecoute situés dans les villes d´Aubagne et
de La Ciotat
Ainsi, l´AMPT intervenant à des multiples niveaux
dans le champ des "conduites addictives" (c´est
à dire les dépendances les plus variées : aux drogues,
aux jeux vidéo, au tabac, à Internet, à l´alcool) se
devait de faire évoluer sa dénomination. C´est pourquoi,
l´AMPT devient l´AMPTA (Association Méditerranéenne
de Prévention et de Traitement des Addictions
GRILLE D´ENTRETIEN AVEC LES PERSONNES-RESSOURCES
:
interview avec Mr. Xavier Marchelie, éducateur spécialisé
et responsable du CAS de Marseille, c´est à dire le
service, géré par l´AMPTA, dont j´ai approfondi le fonctionnement.
Mr. Marchelie, qui m´a paru être un professionnel très
préparé, intervient aussi sur les actions en dehors
de la gestion du service. Je l´ai rencontré dans le
local d´accueil du CAS, 39A rue Nationale. À remarquer
que ce site se trouve au cur de la ville, dans
le quartier Belsunce,
qui est habité par des gens en très grande difficulté
sociale, notamment immigrés. Cela à mon avis rende ce
site aisément joignable. Après l´aménagement de l´interview,
j´ai contacté le directeur de l´AMPTA, monsieur Bruno
Tanche, qui m´a donné son autorisation pour que tout
cela soit mis en réseau Net Nascent
1.Raison
sociale de la
structure AMPTA :
« Il s´agit d´une Association loi 1901, à but non
lucratif »
2. Origine
et date de la création :
« 1984, à la suite d´un constat fait de la ville
de Marseille, de manque de réponses à la problématique
des toxicomanes »
3. Fonctionnement du service : (Mr. Marchelie m´a
précisé que celui-ci a deux dénominations : CAS
pour le réseau ; CSST (Centre Spécialisé aux Toxicomanes)
c´est sa dénomination administrative
- organisation du travail : « On fonctionne de
9 à 18 heures, tous les jours sauf week end et jours
fériés. Notre personnel est organisé de façon suivante :
1. au
niveau du pôle médicale, il y a une équipe composée
par un médecin psychiatre, un médecin généraliste, deux
infirmiers ;
2. au
niveau du pôle psychothérapeutique, il y a quatre psychologues ;
3. au niveau
du pôle social, il y a une assistante sociale ;
4. au
niveau du pôle éducatif, il y a une équipe composée
par : cinq éducateurs spécialisés, une secrétaire
(qui s´occupe d´administration et de gestion), une accompagnatrice
à l´emploi, qui est une salarié de Pole 13 »
- financements : « Au départ nous avions un
seul centre d´accueil et notre financeur était seulement
la Ville de Marseille . Maintenant, celle-ci finance
seulement quelques actions ; et nos financements
viennent de diverses structures publiques :
1. l´état,
à deux niveaux :
·
au niveau gouvernemental, par la MILTD
(Mission Interministerielle de Lutte contre la Toxicomanie
et les Drogues) ; ce cabinet est formé par le Ministère
de la Santé, celui des Affaires Sociales, celui de l´Education
· au
niveau départementale, par la DDASS (Direction Départementale
des Affaires Sanitaires et Sociales)
2. la
Région PACA (Provence, Alpes, Côte D´Azur)
3. les
institutions européennes ne financent qu´actions très
ponctuelles, par exemple l´enquête inter européenne
TOX-MED (y sont concernés presque tous les Pays méditerranéens). Il s´agit d´un échange de savoirs
en matière du soin, de consommation de substances stupéfiantes,
de tendances sur les différents produits usés »
4.Mission du service :
« On propose des soins:
- médicaux, c´est à dire liés aux pathologies;
- on distribue des produits de substitution (par exemple,
la méthadone ou le subutex),
- psychothérapeutiques ;
- on propose aussi de la réinsertion sociale »
5. Pouvez-vous m´expliquer ce dernier aspect ?
« Bien sûr ! Réinsertion sociale veut dire mener des actions dans trois directions complémentaires :
hébergement, alimentation, insertion professionnelle.
Ça passe par la question du soin ciblé vis à vis du
sujet et de ce que la personne va nous demander. Par
exemple, s´il s´agit d´une personne qui sort d´une longue
période d´errance, ou de détention, ou bien d´hospitalisation,
c´est le problème de réouverture des dossiers administratifs
qui va se poser et il faut le résoudre »
6. Vous les hébergez où, ces personnes ?
« En hôtel dans un premiers temps, ensuite dans
une chambre meublée ou en appartement. Finalement, après
une certaine période pendant laquelle elles peuvent
constituer ses économies, et pendant laquelle on fait
avec elles un travail d´apprentissage, on essaie à leur
apprendre la démarche à suivre afin d´obtenir un contrat
de location. Cela souvent représente pour elles une
véritable conquête »
7. Et en ce qui concerne l´insertion sociale et professionnelle,
comment travaillez-vous ?
« Ce sont des éducateurs qui ont une formation
sur l´insertion sociale qui s´en occupent. On travaille
beaucoup avec les dispositifs existants à l´extérieur,
par exemple Pole 13, qui sont spécialisés dans le domaine
de l´insertion professionnelle. Ici, on fait un préalable
travail de dé codification de la demande de la personne,
c´est à dire qu´on évalue d´abord sa réelle motivation
, de façon qu´elle soit au clair avec sa démarche. Cela
prend du temps, mais il faut prendre tout le temps qu´il
faut, car la personne est parfois conditionnée par des
représentations sociales qui peuvent interférer avec
sa demande réelle : Si nous répondons trop vite,
on risque de répéter l´échec. Quand on a évalué la motivation
de la personne, soit on la soigne, soit on l´oriente
vers les dispositifs dont on a parlé avant »
8. Caractéristiques du public accueilli :
« On va trouver différentes problématiques à partir
de la catégorie- usagers de drogue. On peut avoir affaire
avec :
·
personnes toxicomanes qui se prostituent ;
· sortants
de prison qui ont des problèmes de toxicomanie ;
·
personnes sans domicile fixe, qui vivent
dans une très grande précarité ;
·
immigrants qui peuvent n´être pas en situation
régulière (pas de papier d´identité, ou de cartes de
séjour)
·
personnes avec des infections (SIDA, hépatite
C) au niveau de la transmission de celles-ci par le
partage de seringues infectes »
9. Comment le trouvez-vous/comment s´adresse-t il
à vous ?
« Soit les personnes sont orientées par d´autres
structures (par exemple, les écoles ou les prisons),
soit elles nous cherchent par elles-mêmes »
10. Quelle age est concernée ?
« Essentiellement il s´agit de deux types de population :
·
Hommes et femmes qui ont aux alentours
de 30 ans, qui ont été, ou sont encore, consommateurs
de produits opiacés (héroine, morphine, ou subutex,
qu´est vendu au marché noir puisque on profite de sa
distribution gratuite chez les structures comme la nôtre)
et de cocaine. Cette tranche d´âge se reconnaît avec
des difficultés avec leur dépendance, ce qui est rarement
le cas d´autres tranche d´age ;
·
Jeunes hommes et jeunes dames aux alentours
de 20-25 ans. Ils sont sur des problématiques liées
á la consommation de LSD, EXTASY, haschich, cannabis.
Dans ces derniers cas, nous faisons un distinguo
selon qu´il s´agisse d´un usage passager ou habituel.
Les plus jeunes souvent consomment simultanément haschich,
alcool, tabac, et un sujet peut avoir à la fois plusieurs
dépendances
·
À côté de ces deux groups, il y en a un
autre encore à l´étude. Il s´agit de jeunes entre 15
et 25 ans qui ont développé des dépendances ainsi dites
sans drogue, c´est à dire des dépendances aux jeux vidéo,
ou á internet
11. Y a- t´il des différences entre la demande de soin
des hommes et des femmes ?
« Proportionnellement on accueille moins de femmes »
12. Peut-on constater une majeure discrimination
sociale vis à vis des femmes qui ont les problématiques
dont on a parlé ?
« Je crois que on ne peut pas faire le lien théorique
direct avec le contexte culturel. Pourtant on constate
que les femmes qui s´adressent à nous manifestent une
déchéance, une dégradation de son propre identité majeure que les hommes.
Elles portent le poids d´être considérées des mauvaises
mères, car souvent leur(s) enfant(s) sont éloignés d´elles.
Ça se manifeste d´une façon différente que les hommes,
parce qu´elles vivent leur fonction de mères. Et les
représentations sociales véhiculées soit par son propre
vécu, soit par la famille, soit par la société dans
son ensemble jouent beaucoup sur l´exclusion sociale
des femmes que nous soignons. Puisqu´elles se culpabilisent
terriblement vis à vis de leur fonction de mères, elles
souvent mettent en place un mécanisme de répétition/réparation
de leur échec avec la grossesse multiple »
13. Comment les aidez-vous à s´en sortir ?
« On leur donne
soit une aide psychothérapeutique visant à interrompre
cette répétition névrotique. Cela veut dire
soit aborder avec elles la question du renoncement
et le relatif deuil symbolique,
soit intervenir sur le lien entre elles et les
fils qu´elles ont déjà pour éviter qu´il se casse et/ou
qu´il se structure d´une façon pathologique. Pour mieux
résoudre ces problématiques, on accueil des mères et
leurs enfants dans l´un de nos foyers et une équipe
d´éducateurs, avec le soutien d´un psychologue et d´un
médecin spécialisé, suit sur place le lien mère-enfant,
et/ou fait le lien entre elles et les écoles ou les
services de petits enfants »
14. Peut-on évaluer la réussite de ces actions ?
« Malheureusement, ça concerne peu de personnes,
donc c´est difficile de pouvoir donner un chiffre. D´autant
le temps de l´accueil est limité à une année, faute
des moyens. Donc on réfléchie sur un projet de plus
grande envergure et on souhaite à ce sujet une élaboration
au niveau de réseau inter européen »
15. Le projet Net Nascent pensez-vous que
puisse vous aider ?
« On le souhaite
»
16. Partenaires sollicités :
« Pole 13, structures de droit commun (qui vont
accueillir les personnes d´une façon généraliste), établissements
qui proposent de l´hébergement, hôpitaux, etc. »
COORDONNÈES
DE L`Association Méditerranéenne de Prévention et de
Traitement des Addictions :
ADRESSE : 19, rue de la République 13002
Marseille ; adresse postale : BP 2645-13217
Marseille cedex 02
TÉLÉPHONE : 0033(0)491560840
FAX : 0033(0)491900932
EMAIL : btanche@ampt.org
INTERNET : www.ampt.org
ÉVALUATION DU SERVICE DU POINT
DE VUE BEST PRACTICS :
dans ce cas aussi on ne peut pas parler en amont d´une
philosophie liée au genre, mais on peut la retrouver
en aval dans le pragmatisme des équipes de soin et de
suivi des personnes qui s´adressent à elles. Malheureusement,
on ne peut pas évaluer l´efficacité du service concernent
le lien mère-enfants, car le temps de permanence de
ceux-ci dans les appartements leur mises à disposition
par l´AMPTA est trop étroit.
En ce qui concerne la reproducibilité de ces pratiques de travail à d´autres
réalités, elles peuvent être transmises à condition qu´il y
ait un réseau associatif suffisamment articulé et que
bénéficie d´un système de financements continu et important.