Chers
partenaires d'EUROCIRCLE,
Les
voisins restent perplexe face au débat qui se déroule
actuellement en Allemagne, où, selon certains, les
étrangers devraient se conformer à une certaine
"Leitkultur" (culture de référence) alors même
que les néonazis du cru leur font plutôt subir
la culture de la souffrance (Leidkultur en allemand) qui a
coûté la vie à 38 personnes depuis la
chute du mur.
Le politologue parisien Alfred Grosser qualifie comme très
allemande la polémique autour de la notion de "Leitkultur",
terme pour lequel il n'existe pas de véritable traduction
en français. Jamais il n'a fallu procéder à
un examen sanguin pour pouvoir être français;
l'identité nationale a toujours été fondée
politiquement et non en fonction de considérations
ethniques. Les immigrants sont des citoyens - même si
l'intégration n'est pas facile partout - et on peut
résumer la situation en disant : que ce soit Zidane,
le Rai, ou le couscous - tout ce qui plaît et contribue
à la gloire nationale est français.
Les Britanniques ou les néerlandais par exemple, confrontés
eux aussi à un héritage colonial, savent naturellement
et sans le crier publiquement sur les tous les toits ce qui
est typiquement anglais ou hollandais, et peuvent sans complexes
vivre avec des peurs identitaires et d'autres traumatismes
collectifs dans une approche multiculturelle. Les cultures
strictes de référence nationales sont en tous
les cas dépassées au 21ème siècle.
Après la révolution pacifique de 1989, la joie
d'être allemand pourrait enfin consister à se
défaire d'une identité qui a toujours reposée
sur une démarcation vis à vis des autres.
Ou alors on redéfini avec Daniel Cohn-Bendit la "Leitkultur"
comme quelque chose qui est constamment en mouvement et se
nourri de l'apport culturel des immigrants.
Les nations ne se dissoudront pas pour autant, mais seront
des passerelles vers une deuxième identité européenne
dans laquelle les différents intérêts
politiques, sociaux et culturels devront être respectés :
un bavarois pourra toujours être fier de son identité
locale et perpétuer ses coutumes, tout en étant
allemand et en se forgeant en plus une identité européenne.
En tout état de cause celui-ci est prié d'épargner
à tous - allemands ou non - cette notion de "Leitkultur".
NB : De Bruxelles, le débat sur l'Allemagne en
tant que pays d'immigration sonne creux dans la mesure où
l'immigration, l'asile et la politique de visa sont de la
compétence de l'Union européenne depuis mai
1999, et que celle-ci s'est déjà définie
comme terre d'immigration.
Sur ce, nous vous souhaitons, chers partenaires d'EUROCIRCLE,
de passer de bonnes fêtes de fin d'années et
bonne lecture de ce numéro de Noël,
La
rédaction EC-News