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Chers partenaires d'EUROCIRCLE,

« Un jour viendra, où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l’Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France ».
Ainsi s’exprimait, dans ses « Douze Discours », il y a de cela exactement 150 ans, cher Monsieur Chevènement, un avant-gardiste de la pensée du nom de Victor Hugo, offrant ainsi une base de réflexion à l’actuel ministre des relations extérieures d’Allemagne Fédérale, Monsieur Joschka Fischer.
Posons la problématique une bonne fois pour toutes: dans un temps où la troisième génération d’après-guerre voit le jour, il n’est peut-être pas si mauvais que les Allemands aient encore un problème avec le concept de nation, surtout si l’on envisage le point de vue général européen face à l’Histoire de ce siècle. Trouver et se créer une identité sur des critères positifs, humanistes, démocratiques, de tolérance et de solidarité ne doit pas pour autant se référer seulement à l’idée de nation (et si cela semble absolument nécessaire, il faut savoir passer outre ou se situer au-dessus).
La rédaction se félicite que beaucoup d'Allemands utilisent ici et aujourd'hui leur entendement et leur énergie à développer des idées, des visions et des stratégies qui pourraient contribuer à la construction de la CE, au lieu de raviver le souvenir de la nation.
Même si nous continuons à penser qu'il est exagéré de parler d'une crise de l'union européenne (malgré la faiblesse persistante de l'euro, l'harmonisation fiscale en panne, le désaccord des quinze concernant le fonctionnement des institutions et l'élargissement à l'est), la réunion dite informelle et désignée comme "séminaire de gouvernement" entre Gerhard Schroeder, chancelier fédéral allemand, Jaques Chirac, président de la République Française, et Lionel Jospin, Premier ministre français, accompagnés respectivement de leurs ministres des relations extérieures, Joschka Fischer et Hubert Védrine a été pour les européens déstabilisés l’occasion de puiser un nouvel espoir.
Même si les propositions de Joschka Fischer pour une europe fédérale n’ont eu un écho que très relatif à Paris (la réaction de J.Chirac au plan Fischer a été accueillie positivement du côté allemand , alors que celle de L. Jospin a paru plus réservée), il est cependant encourageant de constater que l’on a pu entrer dans un débat resté jusqu’à présent quasiment tabou en France ( le journal « Le Monde » avait d’ailleurs explicitement prévenu qu’il était question d’une volonté d’éviter le sujet ).

La rédaction EUROCIRCLE