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Chers partenaires d'EUROCIRCLE,

En espérant que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année, nous commencerons directement par quelques bonnes résolutions pour 2001:
Contribuer à concevoir l’Europe de manière créative et vivante, et rapprocher l’Europe descitoyens sont des préoccupations centrales d’EUROCIRCLE.

C’est pourquoi nous vous offrons pour cette nouvelle année votre bulletin EC-News bien connu dans une version plus détaillée avec une partie rédactionnelle plus importante, une rubrique Info-flash et un nouveau calendrier plus complet des appels à propositions.Par ailleurs, nous souhaitons à l’avenir rendre compte davantage des évolutions politiques au Parlement européen, au Conseil et au sein de la Commission en exposant notre point de vue. Dans ce contexte nous vous invitons à lire notre commentaire en page 2 sur le déroulement et les conséquences du sommet européen de Nice.
En outre, nous allons demander à des personnalités européennes, des journalistes, des fonctionnaires de la Commission ou des politiques de commenter des sujets d’actualité. Dans ce numéro de janvier nous donnons ainsi la parole à Daniel Cohn-Bendit avec un article intitulé " Nous allons améliorer le monde " que nous publions dans cette édition (pour la première fois en français).
M. Cohn-Bendit y aborde notamment la nécessité pour l’Union de se doter d’une constitution européenne commune. Même si EUROCIRCLE y accorde une grande importance, la charte des droits fondamentaux des citoyens de l’Union solennellement signée lors du sommet de Nice n’est pas légalement contraignante.
Les droits fondamentaux sont l’expression de l’identité de l’Union européenne et l’élaboration d’une telle charte signifie aussi la reconnaissance de la nature politique de l’Union. Un catalogue des droits fondamentaux en lien avec une citoyenneté européenne constitue une garantie supplémentaire pour les citoyens de nos pays. Espérons qu’en l’an 1 du nouveau millénaire nous avancerons d’une charte des droits fondamentaux vers une constitution européenne.

ATTENTION : La dernière rumeur fait état d’un prochain appel à propositions dans le cadre du programme Culture 2000 en janvier au JOCE. La date limite sera vraisemblablement fixée au 15 mars 2001.

EUROCIRCLE: Le commentaire

Sommet européen de Nice

" Je pars du principe que nous allons parvenir à un accord d’ambition plutôt médiocre avant de le présenter comme un succès " déclara le ministre-président luxembourgeois rodé aux mécanismes européens, Jean-Claude Juncker ,avant le sommet. La volonté des protagonistes de parvenir à un compromis était en effet si faible que force est de constater une nouvelle fois que l’Union européenne se réduit encore et toujours à la somme des intérêts de ses pays membres. La déclaration en grande pompe de la charte européenne des droits fondamentaux côtoyait la défense des intérêts nationaux préférés des uns et des autres et on peut certainement se poser la question de savoir quelle est la crédibilité politique de l’Union européenne si elle est obligée de s’incliner en permanence devant les lobbies nationaux, n’osant pas passer au vote à la majorité qualifiée sur des sujets comme l’artisanat (veto allemand) ou la politique culturelle (veto français).
Quel est le fondement réel de la vilaine méfiance qui s’exprime à travers les égoïsmes politiques resurgissants émergents comme par hasard au sujet de l’élargissement à l’est ?
Il s’agit ni plus ni moins du poids politique de l’Allemagne dans l’équilibre des forces en Europe. Ce poids devrait s’accroître considérablement avec l’élargissement de l’Union à l’est car le barycentre géographique et politique d’une Union élargie se situera non plus à Paris mais à Berlin.
Ce n’est pas la vanité mais plutôt la peur que suscite cette vision d’horreur qui a incité MM. Chirac et Jospin de saborder les ambitions d’adhésion des pays d’Europe de l’est pour étouffer dès le départ toute mégalomanie berlinoise et autre volonté de puissance allemande. Domestiquer l’Allemagne n’est cependant pas l’apanage exclusif de la France ; l’Espagne et la Grande Bretagne, en mémoire de leur grandeur d’antan, ainsi que divers petits pays ayant, par le passé, été l’objet d’une agression par les Allemands affichent une volonté similaire.
Au regard de son histoire, Berlin doit certes respecter ceci mais après 55 ans de paix, de coopération et de stabilité sans soumission à la Kohl et dans le cadre de règles démocratiques (qui manquent parfois quelque peu de transparence compte tenu de l’arithmétique étrange au sein du Conseil).
Le fait que l’Allemagne contribue financièrement de façon proportionnelle à sa population tout en continuant d’être considéré comme un poids plume sur l’échiquier politique ne pourra pas à la longue être expliqué aux citoyens, un fait dont Paris doit prendre la pleine mesure.
Pour ce qui est du résultat du sommet : Le président du Conseil, M. Chirac, donne raison à l’ancien président du Conseil Juncker en déclarant que le sommet de Nice n’est pas seulement un grand succès mais carrément " un grand sommet qui restera dans l’histoire européenne ".
EUROCIRCLE ne partage pas tout à fait la conclusion de M. Chirac : le paquebot géant Europe semble prêt pour son agrandissement même s’il vient de prouver qu’il n’est pas manoeuvrable et qu’il s’est pour l’instant échoué. Une espèce de constitution européenne et la définition d’une répartition des compétences entre les Etats membres et l’Union pourraient éventuellement renflouer le bateau

Info-flash: Conseil européen

Sommet européen : les résultats

Nice :Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ont pris les décisions importantes suivantes :
ELARISSEMENT : L’Union souhaite pouvoir accueillir de nouveaux membres dès fin 2002 à la condition que ceux-ci soient assez préparés. Cependant, l’Union n’a pas fixé de date précise pour l’adhésion des douze pays d’Europe centrale et orientale et du bassin méditerranéen. L’Union a exprimé l’espoir que les premiers nouveaux membres pourront participer à l’élection au Parlement européen de 2004.
VOTE A LA MAJORITE AU SEIN DU CONSEIL DES MINISTRES : Sont concernés 40 articles du traité de l’Union pour lesquels un vote à l’unanimité était jusqu’alors nécessaire. Pour les articles importants comme notamment la fiscalité, les décisions prises restent nettement en deçà des attentes.
PONDERATION DES VOIX : Au sein du Conseil européen, l’Allemagne et la France disposent, comme par le passé, du même nombre de voix, soit 29 à présent contre 10 auparavant. Le Royaume-Uni et l’Italie disposent eux aussi de 29 voix. Suivent l’Espagne et la Pologne, candidate à l’adhésion., avec respectivement 27 voix.
COMMISSION EUROPEENNE : A partir de 2005, chaque pays n’enverra plus qu’un Commissaire à Bruxelles et ce n’est que lorsque l’UE comptera 27 membres que l’on reverra le nombre de Commissaires. La position du Président est renforcée.
COOPERATION RENFORCEE : Une nouvelle procédure simplifiée a été adoptée pour une coopération renforcée d’un groupe de pays membres. Cette forme existe déjà comme par exemple pour la monnaie unique.
PROCESSUS DE L’APRES NICE : Une nouvelle conférence gouvernementale de l’UE doit être tenue en 2004 pour définir une répartition des compétences entre l’Union et les Etats membres.
ESB : Les Etats membres ne mettront pas à disposition des moyens supplémentaires pour prendre en charge le surcoût de la crise de la vache folle lié notamment à l’élimination des cadavres ou les nourritures de substitution. Les propositions de la Commission européenne pour lutter contre la maladie de la vache folle ont été adoptées. Les Etats membres ont souligné que ces mesures respectent à la lettre la planification budgétaire.
CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX : Elle régie les droits fondamentaux des citoyens européens, mais n’est pas légalement contraignante pour les Etats membres. La charte pourrait être un premier pas vers une constitution européenne.
AGENDA SOCIAL : L’agenda social européen est un calendrier définissant des priorités pour la politique sociale en Union européenne. L’agenda exige la modernisation du modèle social européen et la mise en place d’un " Etat de bienfaisance " actif. La réduction du chômage y prend une place capitale.
POLITIQUE DE DEFENSE : Le sommet européen a posé les bases d’une propre politique de défense en évitant, en raison principalement des Britanniques, toute déclaration relative au relations à l’OTAN. L’UE souhaite être rapidement opérationnelle au niveau militaire. La mise en place d’une troupe d’intervention de crise, composé de contingents nationaux, est prévue d’ici 2003.

Info-flash: Commission Européenne

La Commission modifie la procédure pour les jumelages de villes à partir de 2001
Les communes qui souhaitent demander une subvention à la Commission pour la mise en oeuvre de manifestations dans le cadre du jumelages de villes doivent désormais suivre une procédure modifiée. Jusqu’à présent il était possible de soumettre une demande de subvention en permanence en respectant un délais de trois mois. L’année prochaine, la Commission attribuera les subventions dans le cadre d’un appel à propositions ce qui signifie que les dossiers ne pourront plus être introduits toute l’année mais seulement à des dates précises pour une période donnée. Ces dates butoirs sont les suivantes :
pour les actions se déroulant entre le 01.05.2001 et le 30.09.2001, la date limite est le 15.03.2001,
pour les actions se déroulant entre le 01.10.2001 et le 31.12.2001, la date limite est le 15.08.2001.

Subventions communautaires pour l’apprentissage des langues
Pour promouvoir l’apprentissage des langues, l’Union européenne a mis à disposition une enveloppe budgétaire de 8 millions d’euros au total pour la période allant de janvier à décembre 2001. Ce montant est destiné à une campagne d’information au niveau européen et au cofinancement de projets. Le cofinancement de projets bénéficiera d’un apport à hauteur de 4,35 millions d’euros. La Commission estime qu’elle pourra ainsi soutenir environ 150 projets. Les subventions ne pourront pas excéder 50% des coûts du projet et se situeront entre 10 000 et 100 000 euros. Les projets doivent correspondre au objectifs énoncés dans le cadre de l’année européenne des langues. Ceci recouvre notamment la promotion de la conscience et de l’appréciation de la diversité linguistique et culturelle en Europe ainsi que la diffusion d’informations sur des nouvelles méthodes d’apprentissage des langues ou l’amélioration de l’accès à celles-ci. L’attribution de prix, les concours, les enquêtes ou études locales, régionales, nationales ou transnationales concernant des thèmes liés à l’apprentissages des langues peuvent également être financés. Sont éligibles les organismes d’enseignement, les organismes locaux ou régionaux, les organisations, les partenaires sociaux, les centres de recherche ainsi que les entreprises, les associations professionnelles, les chambres de commerce et d’industrie. La date limite pour le dépôt des dossiers est le 15 février 2001 pour les projets se déroulant à partir de mi-2001. L’appel à proposition pour ce programme doit être publié à l’automne 2000. Pour plus d’informations veuillez consulter :
http://europa.eu.int/comm/education/languages/actions/year2001.html.