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Chers partenaires d'EUROCIRCLE,

La conclusion du sommet de Göteborg porte l’empreinte de la présidence suédoise avec une évidence que personne ne soupçonnait. Dorénavant l'œuvre de l'unification européenne a une dimension écologique bien précise, qui complète l'orientation économique dominante de l'UE, et celle jusqu'à présent sous-estimée qu’est l’orientation sociale.
Remarquons, que c'est la première fois que l'Union revendique le principe de développement durable avec autant de clarté en intégrant la règle selon laquelle toutes les décisions économiques et politiques doivent être contrôlées jusque dans leurs conséquences environnementales. Cette bonne résolution n’est pas nouvelle, mais a été méprisée jusqu'à présent par les entreprises de transport trop occupées à se livrer une bataille sans merci.

Les réserves américaines émises contre le traité de protection du climat de Kyoto, confirmées par le président américain Bush pendant son voyage en Europe, n'ont absolument pas impressionné les Européens. Au contraire, ils veulent s’en tenir à la convention de la réduction des gaz d'échappement nocifs et, par voie diplomatique, veiller au respect des conventions de 1997 par les autres pays industrialisés tels que le Japon et le Canada. Les Américains seront ainsi isolés à l'imminente conférence environnementale de Bonn.
L'observation des contraignantes règles européennes de l'environnement pose un problème de coût et par conséquent un problème au niveau des négociations d'adhésion des pays d’Europe de l'Est.
A Göteborg, cette question a cependant été reléguée au second plan pour laisser place à celle plus urgente de la date d’ouverture des portes de l’Europe à ces candidats. L'Union elle-même promet d'être "accueillante"…mais si, oui ou non, ces pays auront d'ici là intégré les conventions de base de l'UE et pourront adhérer avant 2004, personne ne se risque à le prédire. Dans certains cas ce sera possible, dans d'autres non. L'UE a tout de même établi une date-butoir afin de se fixer un "objectif", comme le constate le Chancelier allemand Gerhard Schröder, et certainement aussi pour des raisons psychologiques afin de ne plus briser l'enthousiasme européen des polonais, des tchèques et des hongrois, déjà fortement ébranlé par la longueur de la procédure d’adhésion. Vous pourrez d’ailleurs lire à ce sujet le commentaire d'Eurocircle concernant le sommet de Göteborg à la page 2!
Nous essayons - même si cela n'est pas toujours facile - de commencer cette période estivale en gardant notre enthousiasme intact pour l'Europe.

En attendant l'édition du mois de septembre, nous vous souhaitons une bonne lecture de la présente édition et à tous de bonnes vacances d'été !

Commentaire EUROCIRCLE:
Sommet européen de Göteborg

L´Union Européenne souhaite accueillir dès le début de l’année 2004 les pays candidats les mieux préparés.Lors du Sommet de Göteborg, les chefs des gouvernements ont fixé l’objectif de faire participer les nouveaux pays aux élections européennes de juin 2004 en tant qu’états membres, ceci à la condition que les négociations d’adhésion aient pu être achevées d’ici la fin de l’année prochaine.
A première vue, cette décision aussi claire a paru très surprenante étant donné la manière insistante avec laquelle la France et l’Allemagne se sont opposées à l’établissement d’une date-butoir dès le premier jour du sommet. Sous la pression de la présidence suèdoise et des autres états membres, le Président Jacques Chirac a fini par céder le premier, suivi à la fin par le chancelier allemand Gerhard Schröder.
Officieusement, bon nombre d’hommes politiques européens n’auraient rien contre un retardement dans le processus d’élargissement. Officiellement personne cependant ne veut jouer le rôle du frein après l’échec du réferendum en Irlande. C’est la raison pour laquelle, à la fin du Sommet de Göteborg, tous les chefs du gouvernement ont consenti à fixer une date. A la fin 2002, toutes les négociations avec les meilleurs candidats devront être achevées, et à la fin 2004, ceux-ci devront être définitivement intégrés. Une déclaration lourde de conséquences même si les hommes politiques cherchaient à la dissimuler
La déclaration de Göteborg constitue une double contrainte. Premièrement, les pays européens s’imposent eux-mêmes des contraintes puisque la première condition pour l’avancement des négociations est que les 15 états membres actuels s’accordent sur leur position quant aux négociations. Ce qui semble loin d’être chose facile, comme l’a montré le conflit germano-espagnol au sujet de la liberté du choix de la résidence des salariés. Dans les 12 mois à venir, les états membres devront s’entendre sur des chapîtres de plus en plus compliqués comme la politique agricole ou les questions financières. Après Göteborg, les gouvernements ne peuvent pas se permettre d’échouer à ce stade.
La pression est d'autant plus grande sur les pays candidats et surtout sur ceux qui sont à la traîne, ce qui est notamment le cas pour la Pologne. L'établissement d'une date si proche signifie clairement que les états membres peuvent envi-sager une première étape d'élargissement sans la Pologne. Lorsque l'on y regarde de plus près, la conclusion du Sommet de Göteborg au sujet de l'élargissement ne contient rien de bien nouveau. Elle va à peine plus loin que que les décisions pri-ses par les chefs d'État et du gouvernement à Nice. Seule une possible conclusion des négociations est ici mise en évidence ; cependant l'Union Européenne ne prend en aucune façon une quelconque reponsabilité. De plus, la politique européenne de l'Allemagne se trouve face à un dilemme. L'Allemagne s'est toujours positionnée comme l'interlocuteur privilégié dans le processus d'élargissement non seulement à cause de sa responsabilité historique envers le bloc soviétique, mais aussi et surtout car le marché intérieur se verra augmenté de 500 millions de consommateurs, favorisant ainsi ses intérêts économiques. Les doutes émis par le Chancelier allemand à Gö-teborg contre une confirmation de date d'entrée des candidats sont le reflet des querelles non réso-lues au sein de l'UE, comme la question de la fu-ture structure politique de l'Europe, notamment le partage des compétences entre Bruxelles et les états membres, et surtout du financement de la Communauté accueillant un grand nombre de pays plus pauvres. A la mi-2002 on devra procéder à une vérification de "l'Agenda 2000". La prévision budgétaire de l'Union Européenne pour la période 2000-2006 n'est pratiquement plus réalisable. L'élargissement va en effet coûter plus cher que prévu. L'équilibre des intérêts financiers entre les anciens états membres est également sujet à discussion. L'Espagne a échoué dans sa tentative de chantage qui consistait à accepter la question de la liberté de circulation pour les salariés de l'Europe de l'Est à la condition de continuer à recevoir les subventions européennes. L'attaque madrilène n'était que le début d'une bataille acharnée pour la répartition de subventions. La France se braque contre la revendication alle-mande d'une réforme agricole, les agriculteurs français recevant en effet une grande partie des subventions européennes. C'est seulement après les élections présidentielles l'année prochaine que Paris acceptera peut-être alors de faire des concessions. L'UE n'est donc pas encore prête de renégocier l'"Agenda 2000". Aussi amer que cela puisse être pour les pays candidats, ils devront patienter encore jusqu'à ce que l'Union ait réglé ses problèmes financiers ; le reste étant illusoire…