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Chers partenaires d'EUROCIRCLE,


Vous tenez entre vos mains le 60ème numéro des EC-News ce qui signifie que la rédaction d'EUROCIRCLE vous informe depuis exactement cinq ans sur les appels à propositions dans le cadre des différents programmes européens de financement mais aussi sur ce qui ce passe dans l'Union européenne.

Nos commentaires critiques en direction des pays membres, de la Commission et d'autres organes de l'Union européenne ont rencontré (à l'exception de quelques critiques) un écho largement favorable tout comme notre nouveau calendrier et les flash-info. Nous publions à cette occasion en page deux quelques encouragements et notamment les félicitations de Romano Prodi. Ces dernier quatorze mois nous nous sommes surtout efforcé d'améliorer en continue notre site web qui - dans sa version française du moins - commence à être présentable. Le site allemand sera prêt en mai et la version anglaise d'ici cet été.
Pour les cinq années à venir nous avons un programme de travail ambitieux pour contribuer à soutenir l'humeur européenne générale que nous livre l'Eurobaromètre réalisé en décembre 2000 sur plus de 16000 citoyens de l'Union européenne. Résultats:
- Plus de 50% des personnes interrogées se prononce en faveur d'une appartenance à leur pays de l'Union européenne. Dans quatre pays de l'Union cet engagement favorable s'est renforcé : l'Allemagne, l'Autriche, le Luxembourg et le Royaume-Uni. Les pays les plus favorables à l'Union européenne sont le Luxembourg, l'Irlande et les Pays-Bas.
- La confiance en la Commision européenne s'est accrue : au printemps 1999, 40 % des personnes interrogées se disait confiant en la Commission. A l’autonme 2000, 46 % des personnes interrogée se disait confiant en la Commission. Dans huit pays membres ce taux dépasse 50 %.
- Une majorité est pour l'introduction de la monnaie unique. Les plus favorables à l'euro sont l'Italie, le Luxembourg, la Belgique, la Grèce, l'Irlande, l'Espagne et les Pays-Bas. Les pays où une majorité de la population rejette l'euro sont la Suède, le Royaume-Uni, le Danemark et la Finlande.
- Une majorité de citoyens européens se prononce pour l'élargissement de l'Union, pour la politique étrangère commune ainsi que pour la politique commune de défense surtout en Grèce, en Italie, en Espagne, au Danemark et en Suède.

Sur ces statistiques nous vous souhaitons bonne lecture de cette 60ème édition des Ec-News,

 

 

 

 

Commentaire EUROCIRCLE

Les BONS, les MALFRATS et les PEUREUX

Dès la visite de Poutine à Bruxelles, il y a un an, juste après le 11 septembre, le monde a été redivisé moralement en deux camps, les bons et les méchants - et le président russe , comme allié indispensable, passa de l'empire du mal au cercle des amis. Les critiques vis-à-vis de sa politique brutale en Tchétchénie - que l'intellectuel français André Glucksmann compare à la persécution des juifs en Allemagne pendant le National-socialisme et qu'il qualifie de génocide - n'étaient d'un seul coup plus opportunes et Poutine de renvoyer l'ascenseur pour ce sacre, en donnant son feu vert à l'élargissement de l'OTAN à l'Est. Ce n'est pas un grand risque qu'il court vu que l'OTAN se mue de plus en plus en un groupe de chasseurs traquant les Etats malfaisants - groupe danslequel Poutine s'intègre parfaitement avec sa brutalité intransigeante dans le Caucase.
Le sommet UE-Russie en novembre 2002 a été déplacé, sur insistance de Poutine, de Copenhague vers Bruxelles, après que le gouvernement danois eut refusé deux semaines auparavant d'interdire une conférence des membres de l'opposition tchétchène. Le président russe s'est senti floué parce qu'à Copenhague des groupes russes de défenses des droits de l'homme discutent avec des tchétchènes en exil d'une solution pacifique au conflit du Caucase.
La tentative de Vladimir Poutine d'empêcher la tenue d'un congrès privé sur la Tchétchénie dans la capitale danoise, actuellement siège de la présidence de l'UE, en menaçant de ne pas venir au sommet de routine prévu, n'est ni un témoignage de souveraineté ni la preuve d'une compréhension de la nature du débat libre et démocratique. Pour les voisins européens de la Russie ceci est une source supplémentaire d'inquiétude. L'affaire gênante du déplacement à la hâte de Copenhague vers Bruxelles du sommet entre l'Union européenne et la Russie montre clairement combien Moscou est encore loin d'une démocratie, ce qui n'est cependant pas une surprise. Il n'est malheureusement également pas nouveau de constater à quel point l'UE manque toujours de force en matière de politique extérieure. La réaction peureuse de l'UE consistant à dérouler le tapis rouge à Bruxelles ne témoigne certainement pas d'une grande assurance, mais plutôt d'un comportement servile ou soumis. Le reste du monde sait maintenant que les Européens se laissent manœuvrer facilement et que l'ambition d'une politique extérieure européenne forte est presque une plaisanterie. Les signaux envoyés actuellement à la Turquie doivent être interprétés de manière adéquate : cet Etat , en tête de pont de l'Axe du Mal, doit aussi être tenu en haleine - s'il le faut, même au prix d'un élargissement de l'UE profondément en Asie jusqu'à l'infini. Valery Giscard d'Estaing s'est distancié ouvertement de la résolution des chefs d'Etats et de gouvernements de l'UE datant de 1999, d'octroyer à la Turquie le statut de "candidat" à l'adhésion: La Turquie est certes "proche de l'Europe", mais "pas un pays européen", objecta Giscard: "Leur capitale n'est pas en Europe et 95 pour-cent de la population vivent en dehors de l'Europe." Lors d'une manifestation du groupe parlementaire des Verts au Parlement Européen, Daniel Cohn-Bendit, président des Verts au Parlement Européen, déclara au sujet de la question de savoir si la guerre en Tchétchénie s'inscrivait dans la lutte contre le terrorisme et au sujet du rôle de l'Europe:
" Absolument pas. Il s'agit d'une guerre d'indépendance dans laquelle les Tchétchènes subissent le sort qui a été réservé aux Indiens d'Amérique, comme le dit André Glucksmann. Qu'il y ait des groupes tchétchènes qui pratiquent le terrorisme, c'est indéniable. Mais cette guerre ne se ramène pas à ces actes. Quand le général Lebed a signé, en août 1996, un accord de paix avec les Tchétchènes qui leur accordait une autonomie régionale, il a montré que ce conflit pouvait trouver une solution politique. Il faut que l'Union européenne démontre aux Russes qu'il n'y a pas de solution militaire à ce conflit, si ce n'est par la mort de tous les Tchétchènes….Les Européens ont toujours eu des problèmes avec le totalitarisme, qu'il soit soviétique ou russe. La lâcheté est justifiée au nom de notre tranquillité et d'un espoir de démocratisation de la Russie. Au lieu d'aider au développement d'une société civile, les Européens se sont toujours rangés du côté du pouvoir politique à Moscou. Tout cela n'a pas servi à grand-chose : la Russie devient de plus en plus autoritaire si ce n'est totalitaire. "
L'europe pourrait faire ce que les Etats-Unis ont fait en Irlande : nommer un médiateur reconnu par les Russes et les Tchétchènes qui pourrait faire des propositions pour les sortir d'une spirale dévastatrice. Je verrais bien dans ce rôle Chris Patten, le commissaire européen chargé des relations extérieures.