Chers
partenaires d'EUROCIRCLE,
Le
terrorisme et la lutte contre le terrorisme - et quoi encore
? Lorsque les bombes tombent et que monde entier attend la
riposte de Ben Laden, lorsque l'anthrax devient aussi familier
que la maladie de la vache folle et que l'on sait de surcroît
pertinemment qu'une attaque du type de celle menée
à New York contre une centrale nucléaire ne
manquerait pas d'entraîner une catastrophe mondiale,
est il encore possible de penser à autre chose ?
Aux réformes, à la société civile,
à l'inégalité, à la justice sociale,
à la protection de l'environnement et au "développement
durable", thèmes si chers à la Commission européenne?
En
principe non. Mais peut-être que oui, surtout maintenant
! Qui sait, peut-être que les événements
du 11 septembre pourront faire avancer l'idée que la
libéralisation sans contrôle, la globalisation
et le retrait radical de l'Etat doivent céder la place
à davantage d'actions des pouvoirs publics dans le
cadre d'une politique européenne unique et légitimée.
C'est en tous cas la teneur des propos avancés fin
octobre, à Paris, où Gerhard Schröder et
Lionel Jospin ont mené une réflexion sur les
perspectives à long et à court terme, dans des
domaines comme: la démocratie, l'environnement, "new
governance" et "la durabilité".
Ce forum franco-allemand, organisé conjointement par
les fondations Friedrich-Ebert et Jean-Jaurès, était
prévu depuis longtemps. Mais allait il avoir lieu ?
Ca n'aurait pas été la première manifestation
de ce type à être annulée en raison des
événements du 11 septembre, comme récemment
le sommet "Modernisateurs" à Stockholm qui avait été
préparé pendant des mois. Mais les deux leaders
socialistes voulaient exprimer leur positions: les attaques
d'Al Qeida ne sont pas "une césure historique" (Jospin),
le projet de modernisation suivra son cours et le "développement
durable" tout comme l'aide aux pays pauvres restent au programme.
Evidemment il n'est pas possible de combattre uniquement le
terrorisme par de l'aide au développement. La réponse
aux crimes de New York et de Washington doit être principalement
répressive (Schröder) et il ne faut pas confondre
les causes et les facteurs favorisants (Jospin). Seule une
politique visant la promotion de structures globales de justice
durable peut vraiment empêcher que les Bens Laden de
ce monde puissent compter sur la sympathie des populations
dans les pays pauvres. Schröder et Jospin étaient
d'accord sur ce point. Il nous reste simplement à espérer
qu'ils sauront surmonter conjointement les obstacles structurels
qui feront opposition à ce projet au lieu de s'évertuer
à jouer les défenseurs des spécificités
et des susceptibilités nationales.
Malgré (ou justement à cause) les temps inquiétants,
la rédaction vous souhaite un automne agréable
et une bonne lecture de la présente édition
des EC-News