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Chers partenaires d'EUROCIRCLE,

Compte tenu de l'actualité, nous publions ici en première page des extraits de la déclaration commune des chefs d'Etats et de gouvernement des quinze, de la Présidente du Parlement européen, du Président de la Commission européenne et du représentant de la politique commune de défense et des affaires étrangères du 14.09.2001:
Aussi bien en Europe qu'ailleurs, l'attentat terroriste odieux aux Etats Unis a profondément ébranlé nos citoyens...
L'Union européenne condamne avec vigueur les auteurs, les instigateurs et les complices de ces attentats.
Elle a annoncé, qu'elle mettra tout en œuvre pour juger et condamner les responsables de ses actes barbares.

Le gouvernement ainsi que le peuple américains peuvent compter sur notre solidarité et notre entière coopération pour punir ces crimes. Nous n'allons pas permettre à ces criminels de trouver refuge. Ceux qui les couvrent, les soutiennent, leur offrent leur protection et ceux qui planifient ou financent de tels attentats devront répondre de leurs actes. Un tel acte de violence dirigé contre l'humanité a été commis au cœur d'une nation amie qui, comme l'Union européenne, œuvre pour un monde meilleur. Mais cet attentat terroriste horrible est également dirigé contre nous tous et ainsi contre nos sociétés ouvertes, démocratiques, multi-culturelles et tolérantes. Nous appelons tous les pays qui partagent ces valeurs et ces idéaux universaux d'unir leurs forces dans la lutte contre le terrorisme qui est l'oeuvre d'assassins sans scrupules et qui touche des victimes innocentes. La violation des valeurs éthiques et humaines ne peut se justifier. La solidarité entre nous tous est d'une importance capitale. Car nous devons - indépendamment de nos origines, de notre race ou de notre religion - chercher des solutions à des conflits qui servent trop souvent de prétexte à la barbarie...
L'Union européenne est appelée à s'engager davantage et sans relâche dans la politique mondiale afin de défendre la justice et la démocratie ainsi que l'intégration de tous les pays dans un système mondial de sécurité et de prospérité et pour constituer un mouvement antiterroriste opérationnel. Nous allons continuer à développer la politique commune de défense pour que l'Union puisse parler avec une voix appropriée et forte. Nous allons rendre le plus rapidement possible la politique commune de défense opérationnelle ....
Le cours normal des choses prendra le dessus dans nos sociétés. Mais aujourd'hui nos pensées sont dédiées aux victimes, leurs familles et au peuple américain.

Dans cette periode de troubles, l'équipe d'EUROCIRCLE vous souhaite du courage, de la lucidité et une bonne lecture de l'édition du mois d'octobre.

Commentaire EUROCIRCLE,
Apocalypse No(w) !?

L'idée selon laquelle l'islam, lorsqu'il se heurte à la civilisation occidentale, ne peut être battu en brèche qu'au moyen d'une détermination guerrière forte est profondément ancrée dans l'esprit occidental et peut se retracer à travers les diffrentes batailles de libération de l'occident, de Charles Martel à Bush Senior.
Ainsi, l'appel du président Bush Junior suite à la série d'attentats aux Etats Unis à partir en "crossade" - un passé traumatisant pour le monde islamique - contre tous les ennemis du monde civilisé et contre leurs protecteurs était tout aussi caractéristique que déplacé.
Fin septembre 2001, il reste à espérer que l'on ne reproduira pas les schémas de pensée d'un Oussama Ben Laden pour mettre en œuvre une stratégie occidentale d'une contre-attaque de grande envergure. Une approche axée sur des catégories d'ennemis, sans faire la distinction précise entre les auteurs des attentats terroristes et leurs coreligionnaires, renforcerait la solidarité davantage des peuples de la région pour Ben Laden que toute agitation propre de la part de l'intéressé; un risque énorme notamment pour les Américains, dont l'objectif doit être d'assécher les plantations du terrorisme et non pas de les transformer en cultures intensives.
Les pilotes de la mort de New York et de Washington étaient, des assassins fanatisés certes, mais aussi le produit de:
- la politique mondiale dominante et la politique partiale au Moyen Orient des Etats Unis,
- de la passivité et de la résignation européenne
- une indifférence de l'opinion mondiale vis-à-vis de la violation permanente de l'intégrité et du droit de vie de millions de personnes parmi le milliard de musulmans sur terre, dont la plupart souffrent de pauvreté et d'un manque total de perspectives.

La colère des terroristes était dirigée en premier lieu contre Israël et son protecteur les Etats Unis, tout comme la joie mauvaise de ceux qui dansaient sur les rues suite aux attentats. (Remarque: une émission politique allemand sérieux a démontré que ces images avaient été achetées et truquées comme celles, diffusées au début de la guerre du Golfe, montrant ces bourreaux irakiens en bottes militaires donnant des coups de pieds dans des couveuses).
En deuxième lieu, mais pas avec moins de virulence, leur colère était dirigée contre les régimes du monde arabe qui servent les intérêts de l'hégémonie occidentale et qui risquent de faire face à une situation difficile si la lutte contre le terrorisme laisse derrière elle des traces trop sanglantes ou que le peuple afghan soit trop pris à partis dans ce conflit. Sachant ceci, les dirigeants du Pakistan et de l'Egypte, le régime en Arabie Saoudite et d'autres régents sont contraints à jouer les funambules sur une corde raide sans filet de protection:
- ainsi, il s'agit pour eux de faire preuve de solidarité et de coopération et de manifester leur participation au réseau antiterroriste mondial; un réalisme en matière de politique extérieure permettant de s'assurer la bonne grâce des institutions financières et du soutien des Etats Unis et qui évite en même temps de devenir la cible potentielle de la contre-attaque menaçante;
- par ailleurs, l'opinion publique, dont il convient de tenir compte, ne souhaite pas en entendre parler et alimenter les moulins fondamentalistes; cela signifier la fin des régimes en place; ce ne serait pas la première fois qu'un Ayatollah fasse basculer un Shah.
La coalition contre le terrorisme brille de toutes les couleurs, dont certaines assombrissent le tableau: ainsi, le président russe Poutine a toujours combattu le terrorisme à sa façon en Tchétchénie. En s'attaquant au islamistes, les régimes des pays d'Asie centrale, récemment qualifiés par les organisations des droits de l'homme de néostaliniens, en profitent pour réprimer une opposition gênante: par exemple la Chine et l'Inde sont confronté depuis longtemps au "terrorisme séparatiste" des moines tibétains pour les uns et des populations du Kashmir pour les seconds. Le fait que l'Afghanistan se situe en plein centre de cette région en crise semble être une aubaine pour de nombreux spécialistes de l'anti-terrorisme.
Si le résultat de la campagne punitive menaçante contre les cellules terroristes devait devenir un cancer incontrôlé avec des métastases dans quasiment tous les pays de ce monde, les successeurs de Bush ainsi que nous tous, allons devoir nous préparer à des événements d'une ampleur laissant apparaître l'effondrement des tours de Manhattan comme le sombre fanal au début d'une apocalypse. Et qui, sauf l'Union Européenne peut - au delà de la solidarité qui s'impose en ce moment - également diriger l'attention sur ces faits et tout mettre en œuvre pour que l'apocalypse ne se produise pas.