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Chers partenaires d'EUROCIRCLE,


Les vacances d'été se terminent, même la Commission s'active - bien qu'un peu hésitante - sur des actions nouvelles: de sources bien informées nous avons appris que l'Union européenne souhaitait mettre en place, d'ici 2010, une zone de libre échange avec les pays méditerranéens.

Dans cette optique, le programme MEDA offre une aide surtout bilatérale. Le partenariat agit en même temps comme un forum multilatéral permettant aux partis en conflit de se rencontrer. Outre Israël et l'autorité palestinienne, 10 autres pays méditerranéens arabes en sont membres. La compétitivité de la région occupe une place centrale. Ainsi, l'Europe a financé des projets d'adaptation structurelle au Maroc, en Tunisie et en Jordanie, des mesures de création d'emplois en Egypte, la mise en place de l'administration publique au Liban et des projets d'école primaire en Turquie. Le programme MEDA en chiffres: la Commission européenne a versée 3,435 milliards d'euros entre 1995 et 1999 et prévus 5,350 milliards d'euros pour la période 2000-2006.
En attendant, l'équipe d'Eurocircle a traité une pile d'appels à projets qui s'est accumulée durant les vacances et que vous trouverez sur les pages suivantes et s'est consacré à la mise en place de différents réseaux transnationaux:
après les appels à propositions concernant e-content et Daphne, nous avons investis le domaine des initiatives locales d'emploi et pouvons désormais nous consacrer à Equal; des recherches de partenaires des Pays-Bas, d'Italie et de France ont d'ors et déjà été lancées.
Un autre événement réjouissant s'est produit durant les vacances d'été:
Le Conseil Général 13 a décidé de renouveler son partenariat principal avec Eurocircle dans l'optique d'une convention pluriannuelle. A cet occasion, nous souhaitons remercier le président du Conseil Général, M. Jean-Noël Guérini, ainsi que tous les responsables du service des relations internationales et en particulier, MM. Antoine Rouzeaud et Bernard Gronlier ainsi que Madame Pascale Debroas pour leur confiance.
Sur ces bonnes nouvelles, nous vous souhaitons bonne lecture de cette édition du mois de septembre.


PS:
Nous félicitons notre partenaires à Göttingen, le Büro für Umweltpädagogik (BUP), qui a remporté un projet LIFE (avec pour partenaire marseillais l'Institut Paoli-Calmettes) ainsi qu'un projet Grundvig.

 

 

 

 

Commentaire EUROCIRCLE

Les BONS, les MALFRATS et les PEUREUX

Dès la visite de Poutine à Bruxelles, il y a un an, juste après le 11 septembre, le monde a été redivisé moralement en deux camps, les bons et les méchants - et le président russe , comme allié indispensable, passa de l'empire du mal au cercle des amis. Les critiques vis-à-vis de sa politique brutale en Tchétchénie - que l'intellectuel français André Glucksmann compare à la persécution des juifs en Allemagne pendant le National-socialisme et qu'il qualifie de génocide - n'étaient d'un seul coup plus opportunes et Poutine de renvoyer l'ascenseur pour ce sacre, en donnant son feu vert à l'élargissement de l'OTAN à l'Est. Ce n'est pas un grand risque qu'il court vu que l'OTAN se mue de plus en plus en un groupe de chasseurs traquant les Etats malfaisants - groupe danslequel Poutine s'intègre parfaitement avec sa brutalité intransigeante dans le Caucase.
Le sommet UE-Russie en novembre 2002 a été déplacé, sur insistance de Poutine, de Copenhague vers Bruxelles, après que le gouvernement danois eut refusé deux semaines auparavant d'interdire une conférence des membres de l'opposition tchétchène. Le président russe s'est senti floué parce qu'à Copenhague des groupes russes de défenses des droits de l'homme discutent avec des tchétchènes en exil d'une solution pacifique au conflit du Caucase.
La tentative de Vladimir Poutine d'empêcher la tenue d'un congrès privé sur la Tchétchénie dans la capitale danoise, actuellement siège de la présidence de l'UE, en menaçant de ne pas venir au sommet de routine prévu, n'est ni un témoignage de souveraineté ni la preuve d'une compréhension de la nature du débat libre et démocratique. Pour les voisins européens de la Russie ceci est une source supplémentaire d'inquiétude. L'affaire gênante du déplacement à la hâte de Copenhague vers Bruxelles du sommet entre l'Union européenne et la Russie montre clairement combien Moscou est encore loin d'une démocratie, ce qui n'est cependant pas une surprise. Il n'est malheureusement également pas nouveau de constater à quel point l'UE manque toujours de force en matière de politique extérieure. La réaction peureuse de l'UE consistant à dérouler le tapis rouge à Bruxelles ne témoigne certainement pas d'une grande assurance, mais plutôt d'un comportement servile ou soumis. Le reste du monde sait maintenant que les Européens se laissent manœuvrer facilement et que l'ambition d'une politique extérieure européenne forte est presque une plaisanterie. Les signaux envoyés actuellement à la Turquie doivent être interprétés de manière adéquate : cet Etat , en tête de pont de l'Axe du Mal, doit aussi être tenu en haleine - s'il le faut, même au prix d'un élargissement de l'UE profondément en Asie jusqu'à l'infini. Valery Giscard d'Estaing s'est distancié ouvertement de la résolution des chefs d'Etats et de gouvernements de l'UE datant de 1999, d'octroyer à la Turquie le statut de "candidat" à l'adhésion: La Turquie est certes "proche de l'Europe", mais "pas un pays européen", objecta Giscard: "Leur capitale n'est pas en Europe et 95 pour-cent de la population vivent en dehors de l'Europe." Lors d'une manifestation du groupe parlementaire des Verts au Parlement Européen, Daniel Cohn-Bendit, président des Verts au Parlement Européen, déclara au sujet de la question de savoir si la guerre en Tchétchénie s'inscrivait dans la lutte contre le terrorisme et au sujet du rôle de l'Europe:
" Absolument pas. Il s'agit d'une guerre d'indépendance dans laquelle les Tchétchènes subissent le sort qui a été réservé aux Indiens d'Amérique, comme le dit André Glucksmann. Qu'il y ait des groupes tchétchènes qui pratiquent le terrorisme, c'est indéniable. Mais cette guerre ne se ramène pas à ces actes. Quand le général Lebed a signé, en août 1996, un accord de paix avec les Tchétchènes qui leur accordait une autonomie régionale, il a montré que ce conflit pouvait trouver une solution politique. Il faut que l'Union européenne démontre aux Russes qu'il n'y a pas de solution militaire à ce conflit, si ce n'est par la mort de tous les Tchétchènes….Les Européens ont toujours eu des problèmes avec le totalitarisme, qu'il soit soviétique ou russe. La lâcheté est justifiée au nom de notre tranquillité et d'un espoir de démocratisation de la Russie. Au lieu d'aider au développement d'une société civile, les Européens se sont toujours rangés du côté du pouvoir politique à Moscou. Tout cela n'a pas servi à grand-chose : la Russie devient de plus en plus autoritaire si ce n'est totalitaire. "
L'europe pourrait faire ce que les Etats-Unis ont fait en Irlande : nommer un médiateur reconnu par les Russes et les Tchétchènes qui pourrait faire des propositions pour les sortir d'une spirale dévastatrice. Je verrais bien dans ce rôle Chris Patten, le commissaire européen chargé des relations extérieures.