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Ceci
signifie, selon les déclarations du sommet
de Laeken, de mettre en place non seulement un
système praticable de décision à
la majorité qualifiée au Conseil
européen, d'assurer une capacité
d'action à la Commission européenne
et de définir des compétences claires
à tous les niveaux politiques mais plus
globalement de refondre la légitimité
de l'Union européenne. Ce projet, avorté
plus d'une fois par le passé, en raison
des craintes, aux niveaux nationaux, de perdre
pouvoirs et prestige devrait réussir cette
fois par l'association de la société
civile à cette démarche. A l'écoute
de ces belles intentions, le simple citoyen de
l'Union européenne ne pourra probablement
pas réprimer un certain scepticisme et
s'interroger sur les dispositifs permettant d'assurer
effectivement la participation publique des citoyens
de manière transparente.
Et la valse au
sommet des chefs d'Etats et de gouvernement à
Barcelona
La coopération
franco-allemande - mise à rude épreuve
dans les mois passés - a parfaitement fonctionné
dans une alliance profane des anti-réformateurs
: Alors que le président Chirac et son
Premier-ministre Jospin voulaient à tout
prix conserver le statut spécial d'EDF,
le Chancelier Schröder défendait l'industrie
houillère allemande. Etant donné
que le traité de la Communauté Européenne
du Charbon et de l'Acier arrive à échéance
mi 2002, année d'élection, le Chancelier
ne souhaite pas trop froisser les syndicats qui
eux souhaitent conserver des subventions qui se
chiffrent en milliards pour cette branche devenue
depuis longtemps un stigmate anachronique.
Par ailleurs,
une rumeur faisait état d'une décision
- prise pour prévenir l'inévitable
- de ne pas s'opposer à des frappes militaires
"limitées et ciblées" étasuniennes
contre l'Irak - les démentis de toute part
furent immédiats avant d'être à
leur tour relativisés par le principal
allié militaire de Washington, Tony Blair,
à la fin du sommet. L'Irak aurait évidemment
été évoqué en marge
du sommet, mais étant donné que
l'Europe ne prendra pas de décision maintenant,
il n'y a pas eu de discussion. En outre Schröder
a commenté le sommet en déclarant
"qu'on y discutait trop longtemps de détails,
comme de tunnels alpins", alors que les questions
de fonds restaient en souffrance. Concernant les
questions de guerre et de paix Schrörder
a sans doute raison ! Sur ces commentaires nous
vous souhaitons bonne lecture de cette édition,
Commentaire
Ne
pas faire confiance à quelqu'un de moins
de 35 ans
La convention
chargée d'élaborer la future constitution
de l'Union européenne s'est réunie
la première fois en février 2002.
Cette convention
n'a jamais été aussi urgente et
nécessaire : L'élargissement de
l'Union aux pays d'Europe centrale avance à
grand pas sans que l'appareil de l'Union y soit
préparé. Cette assemblée
a maintenant un an pour remplir de contenu des
notions vagues. L'assemblée doit mettre
en oeuvre ce qui a été exigé
à tous les sommets à savoir une
réforme efficace des institutions européennes
pour permettre à l'Union d'accueillir
les nouveaux membres et lui conférer
un caractère plus démocratique
et plus proche du citoyen.
Mais dès
le lancement, l'enthousiasme même des
plus optimistes est vite retombé :
Les chefs
d'Etats et de gouvernement ont placé
à la tête de la convention trois
hommes d'Etats émérites, l'ancien
Président français Valérie
Giscard d'Estaing, l'ancien premier ministre
belge Jean-Luc Dehaene ainsi que l'italien Giuliano
Amato. Le fait qu'une douzaine de femmes seulement
soit présente parmi les 105 membres de
28 pays n'a été remarqué
qu'une fois les nominations nationales bouclées.
Toujours est-il que la critique selon laquelle
la convention ne dépasserait pas le cadre
de l'ancienne Union européenne ne semble
pas avoir laissé VGE indifférent,
puisqu'il a d'emblée attaqué,
vendredi dernier, la séance par une longue
"phase d'écoute" où la parole
fut donnée aux représentants des
jeunes citoyens et des pays candidats. Le choix
des intervenants et leur temps de parole était
toutefois laissé à la seule appréciation
du Président septuagénaire. Après
avoir écouté, le Président
décida que les débats de la convention
se dérouleraient dans les onze langues
officielles de l'Union, ne laissant aux nouveaux
d'autre choix que de s'adapter.
Les représentants
des futurs nouveaux membres ne pèseront
pas lourd dans le débat de toute façon.
Aucun d'eux n'est admis au sein du comité
directeur alors qu'ils représentent un
tiers des délégués à
la convention. Le message a été
reçu cinq sur cinq par les pays candidats.
"Nous sommes exclus des décisions centrales"
protestaient les représentants de la
République Tchèque, de la Pologne,
de la Hongrie et de la Roumanie.
Europe
dans les bras de Morphée
Il y a six mois
les USA étaient en proie à une
attaque terroriste sans précédant
et le temps semble venu de s'interroger sur
la politique européenne des affaires
étrangères :
Peut-on
considérer que l'immobilisme relatif
de l'Union concernant le conflit israélo-palestinien
est l'expression du fait que nous avons fait
notre la grille de lecture israélienne
et contribué ainsi à la perte
de considération de l'occident et par
prolongement à la radicalisation du conflit.
- avons nous
élaborés des contre propositions
capables de servir d'alternatives au projet
étasunien sans perspective politique
consistant en des sanctions sans fin contre
l'Irak qui touchent surtout les populations
civiles à défaut d'avoir abouti
au renversement du régime de Saddam
Hussein ?
- Quels actes
concrets ont suivi les déclarations
(européennes) suite au 11 septembre
annonçant, outre la lutte contre le
terrorisme, la mise en oeuvre de mesures au
niveaux politique, social, économique
et culturel ?
- "La lutte
contre le terrorisme" n'a-t-elle pas offerte
aussi de nombreuses opportunités inespérée
à ceux qui désirent mettre un
terme à une opposition interne d'origine
ethnique, religieuse ou politique devenant
ainsi un instrument dans la lutte pour le
totalitarisme et contre les structures démocratiques
???
Peut-on par exemple
observer cette situation en Israël où
Sharon compare Arafat à Ben Laden ? Ou
encore en Russie où Poutine en a profité
pour désigner les Tchétchènes
comme les terroristes à combattre ? Ou
encore en Chine, où l'on se réjouit
de cette concordance de vue avec les Etats Unis,
permettant de légitimer la lutte contre
les terroristes tibétains déguisés
en moines ou contre les Uigures dans la province
du Xinjiang ? Ou la Turquie enfin où
les terroristes désignés depuis
de nombreuses années prennent l'apparence
de Kurdes ?
Le Président
de la République Fédérale
d'Allemagne, Johannes Rau, est l'un des rares
représentants européens (à
ne pas confondre avec un représentant
de l'Europe !) à avoir déclaré
qu'il fallait faire plus pour la liberté,
la justice et la démocratie en ce monde.
Mais le dialogue entre les cultures n'a jamais
été autant au point mort que depuis
le 11 septembre. Dans une situation dans laquelle
ceci devrait constituer un élément
central dans une stratégie de lutte contre
le terrorisme, Bruxelles reste muet malheureusement.
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