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Chers partenaires d'EUROCIRCLE,

La convention s'est mise au travail et tentera au cours de l'année prochaine d'élaborer les bases d'une constitution européenne qui devra garantir le fonctionnement d'une Union élargie à un nombre pouvant atteindre 28 Etats.
Ce texte constitutionnel qui devra être compris par les citoyens et qui illustrera les valeurs, les compétences et les institutions de l'Union ainsi que les droits fondamentaux des citoyens sera un signal politique fort pour les années à venir, déclara Michel Barnier, représentant de la Commission européenne au sein de la présidence de la convention.

Ceci signifie, selon les déclarations du sommet de Laeken, de mettre en place non seulement un système praticable de décision à la majorité qualifiée au Conseil européen, d'assurer une capacité d'action à la Commission européenne et de définir des compétences claires à tous les niveaux politiques mais plus globalement de refondre la légitimité de l'Union européenne. Ce projet, avorté plus d'une fois par le passé, en raison des craintes, aux niveaux nationaux, de perdre pouvoirs et prestige devrait réussir cette fois par l'association de la société civile à cette démarche. A l'écoute de ces belles intentions, le simple citoyen de l'Union européenne ne pourra probablement pas réprimer un certain scepticisme et s'interroger sur les dispositifs permettant d'assurer effectivement la participation publique des citoyens de manière transparente.
Et la valse au sommet des chefs d'Etats et de gouvernement à Barcelona
La coopération franco-allemande - mise à rude épreuve dans les mois passés - a parfaitement fonctionné dans une alliance profane des anti-réformateurs : Alors que le président Chirac et son Premier-ministre Jospin voulaient à tout prix conserver le statut spécial d'EDF, le Chancelier Schröder défendait l'industrie houillère allemande. Etant donné que le traité de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier arrive à échéance mi 2002, année d'élection, le Chancelier ne souhaite pas trop froisser les syndicats qui eux souhaitent conserver des subventions qui se chiffrent en milliards pour cette branche devenue depuis longtemps un stigmate anachronique.
Par ailleurs, une rumeur faisait état d'une décision - prise pour prévenir l'inévitable - de ne pas s'opposer à des frappes militaires "limitées et ciblées" étasuniennes contre l'Irak - les démentis de toute part furent immédiats avant d'être à leur tour relativisés par le principal allié militaire de Washington, Tony Blair, à la fin du sommet. L'Irak aurait évidemment été évoqué en marge du sommet, mais étant donné que l'Europe ne prendra pas de décision maintenant, il n'y a pas eu de discussion. En outre Schröder a commenté le sommet en déclarant "qu'on y discutait trop longtemps de détails, comme de tunnels alpins", alors que les questions de fonds restaient en souffrance. Concernant les questions de guerre et de paix Schrörder a sans doute raison ! Sur ces commentaires nous vous souhaitons bonne lecture de cette édition,

 

 

 

Commentaire

 

Ne pas faire confiance à quelqu'un de moins de 35 ans

La convention chargée d'élaborer la future constitution de l'Union européenne s'est réunie la première fois en février 2002.
Cette convention n'a jamais été aussi urgente et nécessaire : L'élargissement de l'Union aux pays d'Europe centrale avance à grand pas sans que l'appareil de l'Union y soit préparé. Cette assemblée a maintenant un an pour remplir de contenu des notions vagues. L'assemblée doit mettre en oeuvre ce qui a été exigé à tous les sommets à savoir une réforme efficace des institutions européennes pour permettre à l'Union d'accueillir les nouveaux membres et lui conférer un caractère plus démocratique et plus proche du citoyen.
Mais dès le lancement, l'enthousiasme même des plus optimistes est vite retombé :
Les chefs d'Etats et de gouvernement ont placé à la tête de la convention trois hommes d'Etats émérites, l'ancien Président français Valérie Giscard d'Estaing, l'ancien premier ministre belge Jean-Luc Dehaene ainsi que l'italien Giuliano Amato. Le fait qu'une douzaine de femmes seulement soit présente parmi les 105 membres de 28 pays n'a été remarqué qu'une fois les nominations nationales bouclées. Toujours est-il que la critique selon laquelle la convention ne dépasserait pas le cadre de l'ancienne Union européenne ne semble pas avoir laissé VGE indifférent, puisqu'il a d'emblée attaqué, vendredi dernier, la séance par une longue "phase d'écoute" où la parole fut donnée aux représentants des jeunes citoyens et des pays candidats. Le choix des intervenants et leur temps de parole était toutefois laissé à la seule appréciation du Président septuagénaire. Après avoir écouté, le Président décida que les débats de la convention se dérouleraient dans les onze langues officielles de l'Union, ne laissant aux nouveaux d'autre choix que de s'adapter.
Les représentants des futurs nouveaux membres ne pèseront pas lourd dans le débat de toute façon. Aucun d'eux n'est admis au sein du comité directeur alors qu'ils représentent un tiers des délégués à la convention. Le message a été reçu cinq sur cinq par les pays candidats. "Nous sommes exclus des décisions centrales" protestaient les représentants de la République Tchèque, de la Pologne, de la Hongrie et de la Roumanie.

 

 

Europe dans les bras de Morphée

Il y a six mois les USA étaient en proie à une attaque terroriste sans précédant et le temps semble venu de s'interroger sur la politique européenne des affaires étrangères :
Peut-on considérer que l'immobilisme relatif de l'Union concernant le conflit israélo-palestinien est l'expression du fait que nous avons fait notre la grille de lecture israélienne et contribué ainsi à la perte de considération de l'occident et par prolongement à la radicalisation du conflit.

  • avons nous élaborés des contre propositions capables de servir d'alternatives au projet étasunien sans perspective politique consistant en des sanctions sans fin contre l'Irak qui touchent surtout les populations civiles à défaut d'avoir abouti au renversement du régime de Saddam Hussein ?
  • Quels actes concrets ont suivi les déclarations (européennes) suite au 11 septembre annonçant, outre la lutte contre le terrorisme, la mise en oeuvre de mesures au niveaux politique, social, économique et culturel ?
  • "La lutte contre le terrorisme" n'a-t-elle pas offerte aussi de nombreuses opportunités inespérée à ceux qui désirent mettre un terme à une opposition interne d'origine ethnique, religieuse ou politique devenant ainsi un instrument dans la lutte pour le totalitarisme et contre les structures démocratiques ???

Peut-on par exemple observer cette situation en Israël où Sharon compare Arafat à Ben Laden ? Ou encore en Russie où Poutine en a profité pour désigner les Tchétchènes comme les terroristes à combattre ? Ou encore en Chine, où l'on se réjouit de cette concordance de vue avec les Etats Unis, permettant de légitimer la lutte contre les terroristes tibétains déguisés en moines ou contre les Uigures dans la province du Xinjiang ? Ou la Turquie enfin où les terroristes désignés depuis de nombreuses années prennent l'apparence de Kurdes ?
Le Président de la République Fédérale d'Allemagne, Johannes Rau, est l'un des rares représentants européens (à ne pas confondre avec un représentant de l'Europe !) à avoir déclaré qu'il fallait faire plus pour la liberté, la justice et la démocratie en ce monde. Mais le dialogue entre les cultures n'a jamais été autant au point mort que depuis le 11 septembre. Dans une situation dans laquelle ceci devrait constituer un élément central dans une stratégie de lutte contre le terrorisme, Bruxelles reste muet malheureusement.