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« Nous
ne proposons pas un Etat avec un gouvernement européen,
nous proposons une Union des peuples et des Etats, qui
soit capable de mieux protéger ses citoyens et
leurs intérêts dans les domaines dans lesquels
les Etats isolément n’en ont pas suffisamment
les moyens. C’est ainsi que nous concevons l’acte de
gouverner démocratiquement dans un monde globalisé ».
Concrètement la Commission formule les exigences
suivantes :
- Après l’introduction réussie des billets
et des pièces d’euro, l’Union doit maintenant
davantage coordonner les politiques budgétaires
et économiques des Etats membres. Une coordination
efficace suppose la mise en œuvre de la méthode
communautaire. La Commission doit être dotée
du droit de proposer au Conseil les grandes lignes de
la politique économique ou encore des mesures
dirigées contre des décisions prises par
certains Etats membres qui mettent en danger la stabilité
macro-économique. Actuellement la Commission
ne peut émettre que des recommandations. Le Conseil
devrait pouvoir s’écarter des propositions de
la Commission par un veto à l’unanimité.
- L’existence d’une instance européenne qui protège
la liberté et la sécurité des citoyens
est nécessaire.
- L’UE doit se doter d’une politique crédible
de sécurité et des affaires extérieures,
afin de gagner en influence sur un plan international.
Si la Commission doit devenir un acteur global crédible
et efficace, elle doit modifier ses structures. Actuellement,
seule dans la politique commerciale et de développement
l’Union européenne ne joue pas un rôle
en rapport avec son poids économique. Les possibilités
d’action devraient être plus intégrées
pour augmenter la crédibilité et l’autorité
des politiques de sécurité et des affaires
extérieures.
EUROCIRCLE soutient ces
exigences et se demande, si les représentants
de la Commission n'étaient pas des lecteurs assidus
de nos commentaires et remarques des dernières
74 éditions, car vous tenez entre vos mains la
75ème édition de vos EC-News ! Cela
pourrait être une occasion de fête si les
évolutions politiques étaient un peu moins
préoccupantes. Nous ne souhaitons cependant pas
nous décourager pour autant et continuerons à
œuvrer sans relâche en faveur d’une Europe unie,
solidaire, tolérante et démocratique.
Sur ces remarques, nous vous souhaitons bonne lecture
de cette édition en attendant l’édition
estivale double
Commentaire
EUROCIRCLE
Pression
de l’extrême droite et populisme
Un vent
froid souffle sur l’establishment politique d’Europe
et provoque un choc au sein des partis traditionnels
établis ; des populistes plus ou moins d’extrême
droite connaissent partout un succès grandissant.
L’une des raisons de cette avancée du populisme
réside certainement dans la perte de repères
chez beaucoup de citoyens suite aux changements profonds
de nos sociétés ces dernières années ;
notamment les suites de la globalisation sont ressenties
par beaucoup de gens comme une américanisation
forcée : on craint de perdre les systèmes
sociaux et la sécurité intérieure,
la patrie nationale et les traditions ; les attentats
du 11 septembre renforcent ce sentiment d’insécurité.
Les populistes éloquents tels Portuyn, Haider
et Le Pen se servent de ce sentiment et font des immigrés
avant tout les boucs émissaires de problèmes
sociaux complexes et le thème de la sécurité
fut un thème majeur de la campagne électorale
française par ailleurs terne. L’acte de folie
d’un sans abris qui a tué huit élus locaux
à Nanterre et la vague d’actes antisémites
en lien avec la crise au proche orient ont ici visiblement
apporté de l’eau au moulin de l’extrême
droite. Aussi les sondages ont clairement sous-estimé
le poids de l’extrême droite étant donné
que ses électeurs ont tendance à ne pas
avouer leur choix politique. Il faut aussi noter que
les partis de gauche se sont montrés très
discrets sur ces thèmes pour ne surtout pas apparaître
comme politiquement incorrect.
Le résultat des élections en France illustre
certaines tendances générales en Europe
occidentale : faible participation, gains de voix
pour les partis d’extrême droite ou xénophobes
et visiblement un nouveau mouvement surtout des classes
ouvrières contre la globalisation et l’intégration
européenne. Ou encore :
La droite modérée ne sait pas à
l’heure actuelle agrégée d’anciennes et
de nouvelles classes modestes, les communistes s’effondrent
à des scores historiquement bas et la gauche
modérée perd sa clientèle traditionnelle,
les petites gens, les perdants de la modernisation sont
passés chez les Trotskistes et chez Le Pen.
Le spectre de la montée de l’extrême droite
– même si les citoyens français ont su
relativiser cette perspective au second tour – s’est
manifesté lors des élections présidentielles
et a été pour la France, symboliquement,
une catastrophe nationale :
Même si l’économie française s’est
étonnement bien portée sous Jospin, (si
Schröder pouvait faire valoir en Allemagne un bilan
avec 2 millions d’emplois créé et 900
000 chômeurs de moins, il n’aurait pas de souci
à se faire pour sa réélection),
4,8 millions de français ont voté le 21
avril pour ce gueulard si doué rhétoriquement
qu’est Jean-Marie Le Pen plus encore une fois 667 000
pour son rebelle d’apprenti Bruno Mégret ;
au second tour est venu s’y ajouter un nouveau million
d’électeurs votant pour l’extrême droite
en raison de, cette fois, la forte participation. Les
élections parlementaires ces prochaines semaines
montreront à quel prix la France restera gouvernable.
Et après ? Reste à espérer
que l’on ne passera PAS au quotidien mais que le Président
Chriac et sa droite revigorée se mettrons autour
d’une table avec les restes de la gauche plurielle pour
s’attaquer aux problèmes et répondre aux
questions urgentes, comme :
Est-ce que la constitution de la cinquième république,
hautement autoritaire et centralisée, rédigée
dans une période marquée par l’après
guerre où la menace nazie venait de l’armée
est-elle encore fonctionnelle et adaptée à
notre temps ?
Ne faut-il pas revoir un système électoral
qui, avec la cohabitation comme règle, amène
un mariage forcé à la tête de l’Etat
qui entraîne une perte de relief politique et
provoque ce sentiment du « tous les mêmes »,
qui participe à la montée des extrêmes.
(sans parler des 16 candidatures au premier tour qui
ne font que semer la confusion et ne servent certainement
pas la démocratie, mais lui portent tort comme
le prouve le premier tour)
Les représentants élus par le peuple sont-ils
insensibles au fait que les trois quarts des français
déclarent avoir le sentiment que ces élus
se foutent totalement ou presque de leurs électeurs ?
N’est-ce là qu’une impression ou est il réellement
un fait que les partis établis et modérés
sont incapables de renouveler leurs cadres et de motiver
des figures un temps soit peu charismatiques pour tailler
sur mesure des programmes pour leur électorat ?
Si tel est le cas : quel en sont les raisons ?
Peut-être parce que le top management des partis
établis est peuplé d’anciens élèves
de l’ENA qui ont appris à se convaincre entre
eux, mais pas comment convaincre d’autres personnes,
sans parler du peuple.
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