Mensuel n°37 Avril 1999
Chers
partenaires d'EUROCIRCLE,
La
démission collective de la Commission est intervenue à un
moment très critique pour l'Union européenne. En effet une
série de décisions de portée stratégique et une restructuration
complexe samorce avec le plan de financement de lUnion,
« lAgenda 2000 », qui définit le cadre financier
et les modalités de sa mise en uvre pour la période
2000-2006.
EUROCIRCLE respecte cette décision pleine de bon sens au regard
d'une démocratie européenne en devenir et qui démontre une
nouvelle fois que seul le temps et beaucoup de travail et
d'intelligence permettront d'assurer un fonctionnement harmonieux
de la maison européenne. La démission collective peut cependant
s'accompagner de quelques regrets, car si la démission de
certains commissaires très critiqués était devenue une nécessité,
le caractère collectif de cette démission ne devrait pas l'être
pour autant. La possibilité pour les chefs d'Etat et de Gouvernement
de remplacer, sur proposition et avec l'aval du Parlement,
"leurs" commissaires permettrait de maintenir le
double équilibre politique et national et d'assurer une certaine
stabilité.
Il ne parait pas justifié que des personnalités qui ont uvré
dans la discrétion et avec beaucoup de courage en faveur d'une
Europe plus sociale et plus juste soient contraints à la démission
et obligées de laisser des dossiers complexes en suspend à
un moment stratégique alors que rien ne leur est reproché.
Le remplacement de ces derniers prendra du temps et coûtera
inutilement au contribuable européen. Si le blocage du fonctionnement
de la Commission devait se prolonger, EUROCIRCLE craint que
les quelques 20.000 fonctionnaires bruxellois passent maîtres
dans l'art, déjà bien maîtrisé, de se tourner les pouces.
L'esprit chevaleresque de la solidarité collégiale des commissaires,
selon la devise "un pour tous, tous pour un", paraît
tout aussi obsolète que le droit de veto d'un Etat membre
dans les décisions de l'Union. Une telle aberration n'est
certainement pas un élément améliorant le fonctionnement des
institution d'une Europe qui a vocation a devenir structurellement
fédérale.
Par cette démission, l'Europe a cependant fait preuve de bien
plus de tact politique que bon nombre d'élus mis en cause
dans les différents pays membre qui restent accrochés à leurs
fauteuils. Il n'en demeure pas moins que la démission collective
de la Commission apparaît comme la conséquence normale d'un
dysfonctionnement institutionnel et qu'il s'agit maintenant
de mettre à profit cette opportunité pour redéfinir les structures
politiques de l'Union européenne, notamment les rapports entre
les différentes institutions, afin d'améliorer un fonctionnement
dans son ensemble.
En attendant la nomination des nouveaux commissaires et l'édition
du mois de mai, nous vous souhaitons bonne lecture de la présente,
la rédaction EUROCIRCLE