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Association pour la Réadaptation Sociale



PRÉSENTATION HISTORIQUE DE LA STRUCTURE :

1963 : naissance de la structure par un constat de  la DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales : structure publique) au sujet de la création d´un service de réadaptation pour les mineurs prostituées. L´Association prend le nom de Accueil et Reclassement Social

1964 : un foyer de 15 places est ouvert

1966 : l´Association achète un ancien hôtel et y installe un nouveau foyer . Au début des années 1970, la montée du fléau de la drogue parmi les jeunes incite l´ A.R.S . à s´occuper aussi des mineures toxicomanes, dont certaines se prostituent

1969 : les pouvoirs publics donnent leur accord pour prendre en charge des garçons homosexuels et des jeunes travestis prostitués

1972 : L´Association change de dénomination en prenant l´actuelle : Association pour la Réadaptation Sociale

1984 : est ouvert le foyer "Lou Cantou"

1993 : création de l´Atelier Passerelle

1996 : est ouvert le service LA SOUSTO

1997 : est ouvert le Service de Prévention de Nuit (S.P.N.)

1999 : est ouvert le Service de Réparation Pénale 

GRILLE D´ENTRETIEN PERSONNES-RESSOURCES:

Interview avec Monsieur Franck Tanifeani, Directeur Adjoint de l`ARS, au siège de l´Association
1. Raison sociale de la structure ?
« Nous sommes une Association loi 1901[1] »
2.Fonctionnement de la structure :
Ø      Type de services proposés et caractéristiques du public accueilli : « Nous avons 8 services, chacun desquels est doté d´une équipe éducative de trois à cinq personnes. Chaque service est autonome. Le siège les coordonne et s´occupe de la gestion administrative et comptable de toute l´association et de son personnel. Nous travaillons dans quatre domaines, qui souvent sont croisés :
1.      Prostitution (qui on peut définir une rupture de la personne avec soi-même)
2.      Délinquance (une rupture de la personne avec les autres)
3.     Toxicomanies (une rupture avec soi même)
4.      Ruptures familiales/ruptures sociales (une rupture avec soi-même et les autres).

La plupart des services s´adresse à un public de 14 à 21 ans (ce seuil d´age a été baissé depuis cette année ; avant il était de 14 à 23 ans). Dans 2 services, le seuil arrive jusqu´à 26 ans ; dans un service il arrive à 30 ans. »
Ø      Personnel de la structure : « Puisque nous sommes un service éducatif spécialisé, notre personnel n´est pas composé de bénévoles. Il s´agit au contraire de personnel spécialisé dans domaines diverses et complémentaires ; chacun d´entre eux a un diplôme d´Etat : Nous avons donc soit des psychologues, soit des éducateurs spécialisés, soit des puéricultrices pour jeunes enfants. Enfin, un psychiatre effectue auprès des équipes un travail de supervision. L´action de chaque service est coordonnée par un chef de service éducatif, par une Directrice adjointe pour le foyer Lou Cantou »

3.Mission de la structure ?

« L´Association organise et développe soit des pratiques soit des moyens pour permettre aux jeunes qu´elle accueil :
Ø      de sortir de leur marginalité,
Ø      de les aider à découvrir ou redécouvrir leur capacité, leur potentiel, bref, leur identité sociale, afin qu´ils puissent réfléchir à eux-mêmes, à son propre corps, à son savoir être,
Ø      de faire en sorte qu´ils abandonnent des attitudes dévalorisantes voire autodestructrices et qu´ils cessent de se réduire à n´être qu´objets afin de devenir sujets acteurs de leur histoire »

4.Partenaires sollicités :
«Les situations et les problématiques des jeunes accueillis sont multiples, et varient avec l´histoire et la personnalité de la personne. Pour assurer une prise en charge globale, chaque service a ses partenaires, car à une mission différente correspond une logique différente. En général, on construit un réseau de personnes ou d´institutions ressources couvrant les champs de la santé, de l´enseignement, de la formation, du logement, de la culture et des loisirs »

5.Financements :
« Ils sont différents pour chaque service. En général, nos majeurs financeurs sont : le Ministère de la Justice et son échelon locale, c´est à dire la DDPJJ (Direction Départementale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse) ; le Conseil Général du Département Bouches du Rhône. Quelqu´un de nos services bénéfice aussi d´autres financements, par : le FSE (Fond Social Européen) et le Conseil Régional PACA (Provence, Alpes, Côte d´Azur) en ce qui concerne l´Atelier Passerelle ; La Sousto est financée par la DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales) ; le Service de Prévention de Nuit est aussi financé par la DDASS et par la Politique de la Ville (un organisme de coordination) »

PRESENTATION DES SERVICES : l´interview avec monsieur Tanifeani continue avec la présentation des 8 services gérés par l´ARS. Il m´en trace un schéma et il va me l´expliquer. Il s´agit de véritables structures autonomes, ayant chacune une adresse différente, du personnel différent, une mission différente, des budgets différents, des méthodes éducatives différentes. :
1. Centre Education Maternelle Lou Cantou :
« On y accueil des jeunes filles entre 14 et 21 ans avec au moins un enfant entre 0 et 3 ans. »

2.Le Cascarelet SAPMN (Service d´Accompagnement en Milieu Nature) et UHD (Unité d´Hébergement Diversifiée) :
« Ces deux services distincts reçoivent en urgence et sans préalable des jeunes, filles et garçons, âgés de 15 à 21 ans. Ils nous sont adressés par des services : sociaux, judiciaires, médicaux et pénitentiaires ou par connaissances. Ces services ont pour objectif de recevoir ces jeunes gravement marginalisés (il nous arrive de recevoir aussi des jeunes partis en errance) pour, dans un premier temps, satisfaire leurs besoins fondamentaux et établir un sentiment de sécurité et une relation de confiance qui permettra d´aider le jeune à prendre conscience de sa propre valeur dans sa différence, et à mieux la vivre au quotidien. Le UHD dispose soit de 10 studios[2], soit on réserve des chambres dans des hôtels conventionnés. L´hébergement est une ressource, pas le but. Celui-ci est éducatif dans le sens dont on vient de parler.

3.La Sousto :
« Ce service s´adresse aux personnes jusqu´à 30 ans et il est ouvert  soit aux jeunes, malades du SIDA suivis par quelqu´un des autres services de l´Ars soit à d´autres malades venant de l´extérieur (services sociaux ou médicaux ou par des connaissances), sans aucune préférence. Outre l´accompagnement psyco-socio-éducatif, un suivi en relation avec les services médicaux et para-médicaux est mise en place.

4.Le Cascarelet Foyer de Jeunes Filles :
« Ici, c´est logement collectif, donc la personne a moins d´autonomie. Le Foyer répond dans un premier temps à des besoins de sécurité des personnes accueillies, leur permettant de se rassembler quelque peu après avoir vécu pour la plupart une période de déstabilisation, de rupture, de situation d´errance ou d´échec. Un des axes prioritaires de l´équipe psyco-éducative consiste à soutenir chaque entrante afin qu´elle restaure son image, son rapport à elle-même et à autrui. Cela suppose d´établir une relation de confiance, et lui offrir une écoute et un espace suffisant afin qu´elle identifie et puisse faire émerger ce qui est de l´ordre de son désir. A partir de quoi un projet d´insertion sera défini et un contrat éducatif élaboré. Celui-ci comportant les objectifs à atteindre et les moyens à mettre en œuvre afin de tendre vers leur réalisation. Ce contrat engage chacun des cosignataires : la jeune fille, l´équipe, l´institution. Le foyer constitue, de par la vie collective qu´il implique, un champ d´expérimentation susceptible de favoriser une réadaptation sociale et professionnelle. La vie collective est organisée autour de règles et lois établies en regard d´un code social et des besoins de chaque individu. Elle doit leur permettre de retrouver un rythme de vie momentanément oublié, voire désorganisé, de restaurer et de rétablir leur situation à différents niveaux : santé physique et psychique, position administrative et financière au regard de l´emploi ou de la formation professionnelle, et de réapproprier ou de réinstaurer des relations sociales et familiales.

5. Atelier Passerelle :
« Ce service accueille en journée et sans pré-requis des jeunes des deux sexes très marginalisés. A partir du technique, on travaille sur la personne : le travail ce n´est pas seulement le fait d´avoir une qualification ; le savoir est secondaire, c´est un support pour que le jeune puisse dire : le plus important est qui je suis et qui je suis par rapport aux autres. On ne peut pas régler tout cela avec la discipline et la morale : c´est un lent travail pour donner des moyens à quelqu´un pour que celui-ci puisse se reconstituer à partir des souffrances et de l´échec (familiale ou sociale, souvent les deux) qu´il a subis. Nos modules d´enseignement sont : arts graphiques, cuisine, informatique, culture générale, accès à l´activité (chantiers pédagogiques, entreprises), sport. L´inscription à l´ Atelier Passerelle ouvre droit au statut de stagiaire de la formation professionnelle avec rémunération et protection sociale »

6.Service de Prévention de Nuit :
« Ce service est né d´une réponse à un appel à projet transmis par la DDASS en 1996, concernant une mesure prise à l´échelon national pour venir en aide aux jeunes de 10 à 25 ans pris dans des problématiques d´exclusion tr`s lourdes résultant du cumul de plusieurs handicaps. La mission de ce service concerne le territoire du centre ville de Marseille, principalement la nuit et est relative :
Ø      A la prévention de la délinquance,
Ø     A la protection des mineurs et des jeunes majeurs,
Ø      A la prévention des exclusions et des problématiques associées (délinquance, prostitution, toxicomanie)
Ø      A l´aide à la cohabitation de groupes sociaux différents dans leurs modes de vivre, d´habiter et de pratiquer le centre ville.

Notre personnel (éducateurs spécialisés, animateurs, psychologues) est complété par la mise à disposition soit de policiers soit d´un fonctionnaire  qui travaille à la protection sociale des jeunes ; il s´agit d´un véritable mélange de compétences.
La difficulté qu´on a en France c´est qu´il y a seulement 2 associations qui travaillent sur la prostitution des mineurs et des jeunes majeurs. Ça fausse l´évaluation, les besoins et les ressources. Notamment on méconnaît les différences entre les caractéristiques de la prostitution des mineurs/jeunes majeurs et celles-ci de la prostitution des adultes, telles que :
1.      les mineurs sont très peu dans la route
2.      il y a la demande avant l´offre : il arrive souvent que certains jeunes n´aient pas prévu de se prostituer (leur schéma mental est souvent : je ne suis pas prostitué(e) parce que je n´ai pas reçu de l´argent). Il arrive aussi que la prostitution soit un moyen occasionnel pour que le (a) jeune toxicomane puisse se procurer de la drogue. On peut aussi trouver des gens qui ont commencé par hasard et puis sont devenus petit à petit prostitué(e)s habituel(le)s. L´erreur majeure qui font nos collègues des associations qui travaillent sur la prostitution des adultes c´est qu´ils se trompent en se disant : je ne vois pas des mineurs/ jeune majeurs dans cette rue, il n´y a pas de mineurs/jeunes majeurs qui s´y prostituent. Nous leur faisons remarquer que ce n´est pas la même technique, ni le même regard ni les mêmes outils de connaissance qu´il faut utiliser pour évaluer les deux typologies de prostitution.
3.      Pour les mineurs/jeunes majeurs qui se prostituent le premier contact n´est pas le contact final, parce que les pédophiles se servent d´un intermédiaire.
4.      L´endroit du premier contact est loin de celui où il y a la consommation. Ceci implique soit une distance géographique soit une distance relationnelle entre le premier contact et la consommation.

Donc, ce n´est pas facile identifier le système : il faut avoir les yeux, il faut savoir chercher.
Les constats que je viens de faire au sujet de la prostitution selon la tranche d´age concernée est la même que pour l´évaluation du problème de la délinquance : souvent est sous-entendu parler seulement de la délinquance des jeunes, car c´est la plus spectaculaire et la plus visible, même s´il y a trois ans on a sorti des chiffres qui parlent d´un pourcentage pas ainsi absolu (30%). »

7. Service de Réparation Pénale :
« Ce service est habilité[3] depuis 1999 à réaliser des mesures pour filles et garçons de 13 à 18 ans qui ont commis un délit. Ses prestations s´inscrivent dans les activités du schéma départemental de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ). Proposée ou ordonnée par le Parquet des Mineurs ou le Tribunal pour Enfants, chaque mesure est une activité d´aide ou de réparation à l´égard de la victime qui y consent ou dans l´intérêt de la collectivité. Considérée comme une réponse pénale, elle associe à l´idée de médiation, non une préoccupation essentiellement rétributive, mais une dimension éducative, qui s´accompagne de la possibilité d´une restructuration du (de la ) jeune délinquant(e) »

8.Service DEPAR (Découvrons Ensemble nos Potentialités, Agissons pour Réussir) :
« Ce service a été crée en 1998. lors de la mise en place du programme TR.AC .E (Trajet d´Accès à l´Emploi), dans un objectif d´insertion sociale et professionnelle développe trois axes essentielles. Ce travail s´ effectue en lien avec les Missions Locales et les dispositifs de droit commun et/ou spécifique. Ces trois axes sont :
I.      Une interface secteur éducatif/insertion professionnelle :
a.          En amont de TRACE : la plupart des jeunes, au vu de leurs difficultés importantes (errance, délinquance, prostitution), nécessitent un travail en amont avant d´intégrer le programme
b.       En aval de TRACE : l´accompagnement nécessite parfois des prolongations du fait de la durée souvent bien trop courte du programme

II.     Accompagnement TRACE :
Ø      En individuel : d`s leur entrée sur le programme, les jeunes rencontrent leur référent au minimum deux fois par semaine (chaque référent ayant entre 20 et 25 suivis)
Ø      En collectif : groupe de paroles, rencontres à thème, ateliers pédagogiques, lecture offre d´emploi, rédaction CV[4] et lettre de motivation

III.      Développement d´actions innovantes : les défis humanitaires, culturels et sportifs »
Je demande à monsieur Tanifeani si une évaluation de la réussite de leurs services est-elle prévue. Il me donne une réponse très claire : « Il n´y a pas une relation entre la réussite en général des personnes et notre évaluation. Danse le travail qu´on fait, il n´y a pas d´obligations de résultat ; il y a plutôt une obligation de moyens : ce qu´il faut évaluer est si on a mis des bons moyens :
Ø      Humains (nombre du personnel, expérience, diplômes)
Ø      Financiers (le bon budget, sa transparence)
Ø      Techniques (si on suit les bonnes méthodes éducatives ou pédagogiques).

En outre, on a travaillé en partenariat avec une autre association sur les paramètres de base, sur les caractéristiques de la socialisation de l´être humain, c´est à dire si la personne arrive à avoir des liens durables au niveau de la famille (soit celle-ci d´où il vient soit celle-ci qu´il peut construire), des amis, bref,  toutes ses relations humaines ; on travail le lien social. En général, la personne qui se sent bien garde les contacts avec nous »

Interview avec Madame Magali Pantel, éducatrice spécialisée, salariée de l´Association. Elle travaille au foyer "Lou Cantou", que j´ai visité:
1.La structure : « La structure Lou Cantou est une implantation crée par l´A.R.S.»
2.Origine et date de sa création  : « Il y a presque 20 ans »
3.Fonctionnement de la structure :
Ø      organisation du travail « On est ouverts 24/24, toute l´année et il y a toujours quelqu´un de nous dans le foyer »
Ø     personnel : « Educateurs spécialisés comme moi, psychologues, puéricultrices »
Ø      objectifs :  « On essaie de leur donner soit un minimum d´apprentissage scolaire, soit une ouverture culturelle. On leur apprend à faire leur démarche et aussi qu´elles sont des citadines à plein titre. La difficulté majeure c´est de leur trouver un appartement quand elles quittent le foyer »
4.Mission de la structure : « Lou Cantou est un foyer d´accueil et un centre d´ éducation maternelle où on reçoit des jeunes femmes mineures et majeures avec leur(s) enfant(s) . Notre accompagnement éducatif vise à aider la jeune femme à gagner sa propre autonomie, et à se responsabiliser ; en outre, on travaille sur la socialisation de leur(s) enfant(s) » 
5.Caractéristiques du public accueilli : « Jeunes filles de 14 à 21 ans avec au moins un enfant de 0 à 3 ans . Il s´agit souvent de filles immigrées du Maghreb, les îles Comores , Mayotte ; nous avons aussi des asiatiques, mais elles sont très peu nombreuses. »
6.Comment s´adresse-t il à vous ? « Les jeunes femmes sont orientés par d´autres structures ou par un autre de nos services ; c´est rare qu´elle viennent par elles-mêmes, mais il peut arriver »
7.Partenaires sollicités : « Centres médicaux, crèches[5, Missions Locales (au sujet de l´insertion professionnelle des jeunes femmes) et aussi les organismes de formations qui existent sur Marseille »

COORDONNEES DE LA STRUCTURE VISITEE :
adresse : 6 rue des Fabres 13001 Marseille
téléphone : 0033(0)491994300
fax : 0033(0)491994309
e mail : ars.association@wanadoo.fr



[1] Cette loi constitue la base juridique pour la création des association françaises, en leur conférant un status de sujets semi-publics ; cela leur consente d´obtenir des financements publiques

[2 On appelle comme ça des touts petits appartements, avec une seule pièce plus toilettes et salle de bain

[3] Au titre de l´ordonnance du 02/02/1945 relative à la délinquance des mineurs

[4] Curriculum vitae

[5] Il s´agit de structures qui accueillent les enfants jusqu´à 3 ans