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PRÉSENTATION DE LA STRUCTURE ET DE SON ENVIRONNEMENT :

Le Centre Julien est un centre social avec une mission de service public déléguée par la Ville de Marseille . Il tient à affirmer un certain nombre de valeurs au travers de ses actions :
-          développer des services d´accueil, d´information et d´orientation pour un meilleur accès aux droits ;
-          accompagner les apprentissages des enfants avec les parents, les écoles et les collèges ;
-          promouvoir la qualité et la diversité des pratiques sportives et artistiques comme outil d´épanouissement personnel ;
-          ouvrir des espaces de rencontres, d´ échanges et de participation pour un  mieux vivre ensemble

J´ai eu trois entretiens avec Madame Agnès Noumossie-Rigord, animatrice[1] salariée du Centre, qui est la responsable de deux projets inter européens, le projet « Cercle Parents » se déroule à partir du « Projet Ecole ». Suite à ces entretiens, Mme Noumossie m´a donné une interview, avec Mademoiselle Meriam Guedih, stagiaire en formation d´animatrice et un rapport contenant des renseignements très ponctuels au sujet de la structure : Centre Social Julien, de son environnement et des deux projets. Je vais utiliser sa relation « La structure et son environnement-Situation générale : Le centre social se situe sur le Cours Julien au carrefour des 1er, 5ème et 6ème arrondissements, en plein centre ville de Marseille. Il est implanté sur le Cours Julien, un Cours semi piétons qui offre à ses habitants ainsi qu´aux Marseillais des espaces divers [soit] de loisirs et de Détente : jeux de plein air pour les enfants, bassins d´eau avec des bancs, terrasses de café et restaurants, [soit] culturels : librairies, magasins d´instruments de musique, salles de spectacles et théâtre. Le centre a été conçu initialement comme un équipement à caractère sportif et culturel. La paupérisation progressive du centre ville a provoqué le développement d´actions sociales et justifie l´agrément de l´établissement comme centre social. A ce jour, le centre propose des actions sportives, culturelles et sociales. […] L´habitat : composé essentiellement de résidences principales et collectives, celui-ci date quasi exclusivement d´avant 1948. Les logements construits après 1982 représentent moins de 2% du parc total […]. La part des logements sociaux est très faible […]. Conséquences : faiblesse des loyers attirant une population à faible ressource ; logements non réhabilités souvent insalubres qui procurent aux familles des conditions de vie difficiles ; image dévalorisée de certains quartiers due à des immeubles abandonnés ou en ayant les apparences. La population : ce secteur se caractérise par une forte densité de population (entre 200 et 290 habitants par hectare), élément standard du centre ville en France. La population du centre a diminué de 20% en 10 ans et du fait de la réhabilitation sur des quartiers voisins […]on constate l´arrivée d´une nouvelle population à faible revenu. Caractéristiques économiques :
-          dominante des catégories socioprofessionnelles d´employées et d´ouvriers,
-          le nombre d´allocataires varie entre 25 et 35% de la population totale,
-          le taux de chômage, très important, oscille entre 14 et 28%

On compte un nombre important de familles monoparentales, ainsi que des familles nombreuses (5 personnes et +). Culturellement, la population est diversifiée avec la présence importante de communautés venues des Comores, du Maghreb, du Cap Vert et d´Asie (la communauté Asiatique tient particulièrement les commerces sans pour autant y vivre). Des familles étrangères primo arrivantes viennent s´y installer dans des conditions précaires (logements dégradés donc loyers peu élevés). […] L´analyse montre qu´une importante partie de la population se trouve dans des situations socialement fragiles. La classification d´une partie de ce territoire en zone d´Education Prioritaire vient confirmer ces fragilités sociales »

PRÉSENTATION DU PROJET :
Pendant l´interview que Madame Noumossie m´a octroyée, avec la participation très importante de Melle Guedih on a d´abord présenté le projet « Dans le cadre du projet global du Centre Julien, le secteur Adultes/Familles propose une action en direction des jeunes mères d´origines étrangères, celle-ci s´inscrit dans un projet nommé "Projet Ecole", qui à son tour comprend deux autres projets plus particulières : "Accompagnement scolaire"et"Cercle Parents" ». Ensuite, je leur ai posé des questions pour en savoir plus :

1.Quel est l’objectif du projet ?
«Le principal c’est de renforcer l’implication des parents, en particulier des mères, dans le suivi scolaire des enfants. Mais le projet insiste primordialement sur la dimension du sujet, c’est à dire qu’on part d’un postulat basilaire : on est femme avant d’être mère »

2.Qu'est-ce que ça veut dire ?
« Que, puisque souvent il s’agit de femmes de religion islamique, donc étouffées par les conditionnements masculines, notamment des hommes de leur famille, on essaye de leur fournir des outils d’ouverture d’esprit par des parcours culturels, des pratiques de sensibilisation autour de thématiques choisies par elles-mêmes pendant trois ateliers hebdomadaires organisés au Centre Julien par notre équipe » 

3.Pouvez-vous m’expliquer le concept d’atelier ?
« Les ateliers peuvent être définis comme des moments de rencontre, une sorte de lieux donnés autour d’une pratique donnée, ayant pour but de susciter entre les femmes qu’y participent des échanges soit d’expérience, soit de culture (car s´y rencontrent des femmes issues de différents contestes socio-culturels ), soit de besoins, soit de confrontations de points de vue et d’opinions au sujet des arguments de discussion au fur et à mesure choisis » 

4.Et quelles sont ces thématiques ?
« On propose trois ateliers :
·          Apprentissage linguistique, et on organise aussi un service d’accueil de petits enfants tandis que leur mères viennent à cet atelier, mais aussi aux autres. Le but de cet atelier, ainsi que celui des autres c’est de favoriser l’implication des mères dans l’environnement de l’enfant, c’est à dire la scolarité, les rapports inter familiaux, les loisirs. Autrement dit, on vise à faire la liaison entre ces femmes étrangères et la société française
·          Atelier d’expressions culturelles et artistiques, pendant lesquels on organise des cours de gymnastique visant à leur faire se sentir mieux "dans sa propre peau", en découvrant leur corps, par un travail corporel personnalisé faisant alterner des séquences de tonification et de stretching, chaque partie du corps ayant explorée dans le mouvement, l’étirement et la détente et aussi des cours d’expression manuelle
·          Atelier d’échange, pendant lequel on aborde des sujets très variés, dont le contenu et les formes sont décidées au travers d’une démarche de co-construction et égalitaire partage de savoirs entre les participants et l’équipe du Centre . On y peut aussi inviter des personnes-ressources selon la thématique dont on discute, par exemple un expert du Planning Familiale lorsqu’on parle de la vie sexuelle Pendant ces moments d’échange conviviaux et informels, naît  une relation de confiance, et ces femmes sont doucement amenées à se poser elles-mêmes des questions, en profitant par exemple d’une sortie culturelle . On en a organisé une sur île du Frioul, qui a été très riche de suggestions : en parlant en toute liberté entre elles-mêmes, elles sont arrivées à s’ "enlever le voile", c’est à dire à se sentir libérées de la vision de l’homme sur leur vie et sur leur corps »
Maintenant, Meriam intervient dans la discussion en me racontant d’avoir conduit un débat entre les participantes à l’atelier au sujet des grandes lignes de la religion musulmane, en partant du constat qu’il y a des femmes qui sont faussées par une méconnaissance du Coran, due à l’interprétation sexiste proposée par les autorités religieuses. « Par exemple », dit Meriam, « il arrive que les femmes sont convaincues que le Coran n’admet pas le divorce ; ne sachant pas du tout qu´il y est au contraire établi que un homme et une femme qui ne s’aiment plus peuvent bien se séparer. Il arrive aussi que certaines femmes pensent que seulement aux femmes il est interdit de fumer ; elles ne savent pas que dans le Coran on établie que fumer nuit à la santé des personnes, donc aussi les hommes y sont concernés. J’ai essayé à les amener à une sorte de retour aux racines »

5.J’ai compris que vous visez à promouvoir une véritable intégration sociale des femmes par une démarche de découverte de soi-même, à partir de la problématique liée aux difficultés des mères dans leurs éducatifs ; mais, selon vous, quels sont les outils que les femmes conquirent grâce a vos ateliers ? Agnès et Meriam me répondent à une seule voix :
« En ayant conquis une confiance en soi, donc une reconnaissance personnelle en tant que femmes, elles peuvent aborder des thématiques auparavant tabous, par exemple la sexualité. Maintenant elles en parlent franchement, donc se donnent la possibilité d’arriver à une démarche d’éducation sexuelle de leurs enfants, à côté des enseignants, dans l’accompagnement scolaire »

6.Partenaires sollicités par votre projet :
« L’Ecole Maternelle Bergers, l’Ecole Primaire Chabanon, le College Anatole France »

7.Par qui est financé le projet ?
Agnes : « On est partis d’une part d’un Appel à projet proposé par la DDASS[2] et d’autre part de financements DSU[3]. Ce dernier est une structure de coordination qui comprend le Conseil Général des Bouches du Rhône et le Contrat de Ville, qui à son tour gère le FAS[4], c’est à dire un financement spécifique pour les populations d’origine étrangère. Mais je t’avoue que maintenant on est à mal, parce que l’année prochaine on aura des difficultés à obtenir ce financement  à cause d’une politique qui veut découper les frais sociaux »

COORDONNÉES DE LA RESPONSABLE DU PROJET :
Madame Agnès Noumossie-Rigord
Adresse : Centre Social Julien, 33  cours Julien – 13001 Marseille
téléphone/ 0033(0)496122390
fax : 0033(0)491927996
email : a_rigord@yahoo.fr

ÉVALUATION DU PROJET DU POINT DE VUE BEST PRACTICS :
je crois que ce projet peut à plein titre entrer dans le gender mainstreaming, car il tient comte des discriminations sociales des femmes et leur fournit des véritables outils pour mieux maîtriser leurs problématiques. La reproductibilité à une autre réalité des pratiques de travail des équipes, composées par : une responsable Adulte/Famille, une formatrice français et langues étrangères, une intervenante arts plastiques, une intervenante expressions, est toujours liée à deux conditions :

1.qu’ il y ait un réseau associatif évolué, qui puisse faire le lien avec les organismes, en leur permettant de développer des actions en partenariat ;
2.que les organismes puissent bénéficier d’un flux de financements régulier et important


[1] Sa formation est une formation professionnelle qui se compose d´un BEATEP (Brevet d´Etat d´Animateur Technicien de l´Education Populaire), option : Remobilisation Insertion Socio/Professionnelle des 18-25 ans, ainsi que d´un DEFA (Diplôme d´Etat aux Fonctions d´Animation) en cours. Ce type de formation et l´expérience de travail dans le Centre Julien donnent à Mme Noumossie une compétence dans quatre domaines de réflexion :
1.        ENVIRONNEMENT SOCIAL DE L´ANIMATION (analyse du territoire),
2.        GESTION , ADMINISTRATION , ORGANISATION (gestion financière),
3.        PÉDAGOGIE, RELATIONS HUMAINES, (dynamique de groupe, techniques de réunion…),
4.        TECHNIQUE D`ANIMATION (Méthodologie de projet, première approche sur l´environnement du secteur sociale)

[2] Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales

[3] Développement Social Urbain

[4] Fond d’Action Sociale