
Centre
Social Mer et Colline
PRÉSENTATION
DE LA STRUCTURE :
1.
INTRODUCTION : RAPPEL DES
MISSIONS ET FONCTIONS DU CENTRE SOCIAL .
Avant de parler du
Centre Social Mer et Colline, madame Dominique
Abade, qui le dirige, et ses collaboratrices, m´ont donné
un outil de connaissance de ce que en général veut
dire en France le terme de Centre Social. Défini par
circulaire CNAF de 1984 et confirmé
dans le plan d´Action Sociale CAF/13 pour la période 2001/2004,
le centre social est :
A. Un équipement de quartier à vocation sociale globale
B.Un équipement à vocation familiale et pluri-générationnelle
C.Un lieu d´animation de la vie sociale
D.Un support d´interventions sociales concertées et
novatrices
L´exercice des missions du centre social conditionne
l´octroi de l´agrément de la prestation de service
animation globale et coordination par la CAF
13.
Elles
comprennent :
A. LA MISSION D`ANIMATION GLOBALE :
la finalité sociale se traduit par la nature des actions
et activités mises en place qui, si elles peuvent
être sociales, culturelles, sportives ou de loisirs,
doivent :
- Etre subordonnées à des objectives sociaux clairement
identifiables
- Etre conçues comme un moyen d´insertion, de promotion
sociale et de développement local.
Quant au terme de globale il renvoie au caractère
« généraliste » du centre social qui est
un équipement polyvalent, qui ne doit se consacrer
ni à des clientèles particulières, ni à des missions
spécialisées. Il doit prendre en compte, sans discrimination,
l´ensemble des composantes de la population de sa zone de compétence territoriale.
B.LA MISSION FAMILIALE ET PLURIGENERATIONNELLE.
Celle-ci implique :
- Que le centre social doit offrir des services et
activités utiles à la population dans ses différentes
composantes d´âge
- Que le centre social doit favoriser les rencontres,
échanges et les actions de solidarité permettant de
renforcer les liens familiaux et sociaux notamment
entre les générations.
C.LA MISSION D`ANIMATION DE LA VIE SOCIALE.
Celle-ci implique que le centre social doit tout mettre
en uvre :
- Pour susciter la participation des usagers et des
habitants à :
1.la définition des besoins
2.au fonctionnement du centre social par la prise
d´initiatives et de responsabilités, de décisions
les concernant
3.l´animation locale.
- Pour promouvoir la vie associative en accueillant
des associations ou en aidant à leur constitution
dans le respect du pluralisme, de la neutralité et
du libre choix.
D.LA
MISSION DE CONCERTATION ; COORDINATION ;
INNOVATION DANS LES INTERVENTIONES SOCIALES.
Pour l´exercice de celle-ci, le centre social doit :
- Rechercher la concentration et la négociation avec
les différentes acteurs locaux : associations,
collectivités territoriales, administration, équipement
d´action sociale
- Contribuer au partenariat local et susciter son
développement, notamment par la mise en place d´instances
permettant la convergence des projets
- Promouvoir des projets novateurs
E. LA FONCTION ACCUEIL :
elle est transversale et primordiale, car à travers
celle-ci, le centre social peut être à la fois un
lieu :
·
D´information, d´orientation, de réponses
immédiates
·
De rencontre, d´écoute, d´expression
des attentes des personnes et des groupes
·
De la prise en compte des besoins
·
De communication entre les habitants,
avec et entre les professionnels
·
De détection des handicaps de population,
de dysfonctionnement d´un quartier
L´OBJECTIF
DU PROJET SOCIAL
L`élaboration du projet social est, depuis 1985,
une condition préalable à la négociation, avec la
CAF, du contrat qui ouvrira droit à la prestation
de service.
Le projet social répond aux préoccupations suivantes :
1. inciter les gestionnaires et animateurs des centres
sociaux :
- à formuler clairement leurs objectives en référence
à la population concernée, sa vie sociale et à l´action
sociale mise en uvre,
- à expliciter les démarches, les moyens mis en uvre,
- à préciser les modalités d´évaluation du projet
2.obtenir l´assurance que le centre social se situe
bien comme promoteur d´une action sociale territorialisée
et comme partenaire du développement social local
et pas seulement comme prestataire d´activités et
de services,
3.favoriser expression des attentes propres à la CAF
concernant la fonction sociale de l´équipement et
la « fonction d´animation globale et de coordination »
déterminante de l´octroi de la prestation de service,
4.préconiser aux gestionnaires de s´inscrire dans
une démarche partenariale concertée voire contractualisée.
La formulation du projet doit donner à la CAF l´assurance
que les missions du centre social sont ou seront effectivement
remplies.
La méthodologie d´élaboration du projet social comporte
trois étapes :
1. l´évaluation
du projet précédent,
2. la phase
« diagnostic ».,
3. le
projet lui même comportant les orientations thématiques
et les actions
GRILLE
D´ENTRETIEN PERSONNES-RESSOURCES.
Maintenant commence l´interview avec madame Dominique
Abade
1.Raison sociale de
la structure
« Nous sommes une association loi 1901, à but
non lucratif ». Je remarque que toutes les structures
que j´ai contactées sont régies par cette loi, et
madame Abade m´explique qu´il y a eu un véritable
détournement de cette loi, car beaucoup d´association
qui font du profit se cachent derrière elle, à tout
détriment du respect de fonctionnement démocratique
et de la gestion désintéressée qui anime cette loi
2.Origine et date de la création :
« En juin 1982 ». En remarquant que beaucoup
d´organismes sont nés depuis les années 80, je demande
À Mme Abade s´il y a une raison. Elle me répond avec
une claire digression historico-sociale : « Pour
que tu puisse mieux comprendre ce qui se passe aujourd´hui,
il est nécessaire que je t´explique que les associations
comme les centre sociaux sont nées à partir du concept
d´éducation populaire, qui a vu sa première formulation
en 1936, par Léo Lagrange. Ensuite, le régime de Pétain
s´en est servi pour endoctriner les gens. Après la
guerre, on a entamé la reconstruction économique et
sociale de la France, et on a lassé tomber le développement
des projets au sujet de l´éducation populaire jusqu´aux
années ainsi dites les trente glorieuses. Notamment
dès 1962, l´éducation populaire est devenue le côté
social du développement économique : puisqu´il
y avait du boulot pour tout le monde, y compris les
femmes, il fallait leur donner une instruction, ainsi
comme des outils pour meubler leur temps libre, notamment
aux personnes (ainsi dites blousons noirs)
qui vivaient dans les bâtiments des banlieues, les
"grands ensembles" . On concevait les projets
au sujet de l´éducation populaire en s´inspirant au
concept de la jeunesse, élaboré par le sociologue
Bourdieu. L´Etat gaulliste avait peur que les jeunes,
notamment les fils des immigrés, fassent des bêtises.
Tout cela fut le premier élan pour la constitution
des associations concernant l´éducation populaire.
Les années 80 furent l´époque de Mitterand, de la
gauche au pouvoir grâce à l´appui des associations,
du triomphe de l´étique associative de gauche. Le
domaine associatif se développa beaucoup plus avec
la gauche au pouvoir, car ça apporta beaucoup
de financements, favorisés aussi par la loi Deferre
(un homme politique très important, qui fut maire
de Marseille) en 1982. Cette loi, dite aussi loi de
décentralisation, a crée les régions, collectivités territoriales inconnues
jusqu´à ce moment là. Malheureusement, tout cela coïncida
avec les années de misère dans les banlieues »
3.Fonctionnement de la structure
-
Financements : « Les financeurs sont
des clients. Plus de financements, moins de risques.
Les principaux sont : l´Etat , le Département des Bouches du Rhône,
des organismes publiques payants tels que la CAF,
la CNASEA,
la Région PACA (Provence, Alpes, Côte d´Azur), PLIE de Marseille, Commune
de Marseille, FAS »
-
Personnel : « Il est composé par :
1 directrice, 2 secrétaires accueil, 1 directeur CLSH, 1 coordinatrice
animation, 1 comptable, 1 animatrice d´insertion,
1 accompagnatrice à l´emploi, 1 juriste Point d´Appui
Etrangères, 1 bibliothécaire, 1 agent de service,
1 homme d´entretien, 5 animateurs CLSH, des vacataires.
Un plan de formation et préqualification pour les
personnels de notre centre social a été mis
en place en partenariat avec des organismes de formation
»
-
type de services proposés : « Notre
projet social se développe après des préalables études
de milieu, visant à mieux connaître le public de notre
zone d´influence (8ème, 9ème,
10ème arrondissements de Marseille). Après
ces études, on élabore des axes d´actions, des pôles
thématiques, autour desquels se déroulent nos projets.
Ceux-ci essaient de donner une réponse aux besoins
et aux constats nés des études de milieu :
Ø
Constat : dans notre zone d´influence
il y a beaucoup de gens qui ont un tout petit niveau
intellectuel ; on essaie de répondre à ce besoin
de formation avec le PROJET ILLETRISME , qui
comprend la création de :
1. une
bibliothèque ;
2. un
atelier d´écriture ;
3. un
atelier de fabrication de livres ;
4. un
atelier de dessin ;
5. un
club d´alphabétisation.
Ø
Constat : dans notre zone d´influence
il y a un haut taux de chômage ; on essaie de
donner une réponse à ce besoin de boulot avec le PROJET
JOBS CLUB, qui à son tour propose :
1. un
atelier de recherche d´emploi. (PROJET ILLIS) A ce
sujet, il faut que je te dise que nous sommes le seul
centre social qui propose de l´insertion professionnelle.
On est parti d´un constat : il y a beaucoup de
gens pour lesquelles l´insertion professionnelle ou
même l´accès aux dispositifs visant à la favoriser
n´est pas possible. Ces personnes, notamment les femmes
chef de familles monoparentales, sont considérées
comme inemployables. Il est donc indispensable d´inventer
et d´imaginer d´autres activités, de développer un
secteur qui puisse être qualifié d´occupationnel.
Les activités que nous préconisons sont toutes fabriqués
autour de :
Ø
la revalorisation de soi,
Ø
l´estime de soi.
2. Création
de parcours d´insertion et d´accompagnement à l´emploi.
Tout cela en partenariat avec le PLIE de Marseille
dans le cadre d´une coopération permanente entre les
entreprises, les chantiers d´insertion, les associations
intermédiaires, les entreprises du travail temporaire
d´insertion, etc.
Ø
Constat : à côté de cet haut taux
de chômage il arrive souvent qu´il y ait des problématiques
d´ordre psychologique, qui affectent notamment les
femmes chef de famille monoparentale ou les femmes
qui sont battues par leur mari souvent chômeur. Pour
aider ces gens, on propose des actions diversifiées,
mais que se rejoignent toutes, c´est à dire :
1. PROJET
PARENTALITÉ
2. PROJET
FEMMES
3. PROJET
PREVENTION JEUNES, qui a pour objectif la prévention
de la délinquance des jeunes. A celui-ci on peut associer
le PROJET CENTRE DE LOISIRS SANS HÉBERGEMENT, c´est
à dire un projet pédagogique crée en concertation
avec l´équipe éducative selon les besoins des enfants
Ø
Constat : dans notre zone d´influence
il y a beaucoup de gens migrées ; on essaie de
les aider avec le PROJET POINT D`APPUI ETRANGERS,
visant notamment à les aider dans la démarche administrative
qui leur concerne. C´est un juriste spécialisé en
droit international humanitaire qui s´en occupe
4.Mission de la structure :
« L´insertion au sens large, selon nos programmes
et nos actions »
5.Caractéristiques
du public accueilli :
« Migrants, familles monoparentales n´importe
quel age . A ce propos, on parte du constat que
plus de 50% du public accueilli par notre centre social
vit seul avec ou sans enfant. Plus de la moitié de
ces 50% concerne des familles monoparentales. On constate
que de plus en plus ces familles sont dans des situations
de pauvreté et que la plupart de ces foyers a pour
chef de famille une femme. Ces femmes sont touchées
par l´emploi précaire, le temps partiel, pire le travail
non déclaré. Leur structure familiale est devenue
un véritable facteur d´exclusion socio-économique.
En proportion, on reçoit plus de femmes»
6.Comme
s´adresse- t il à vous ?
« Soit par auto orientation par le bouche à
oreille soit parce qu´il a été orienté chez nous par
d´autres organismes »
7.Partenaires sollicités :
« Selon les projets »
PROJET
FEMMES :
« On est parti d´un constat : en France,
une femme sur dix est victime de violence conjugale.
Cette violence peut être physique, sexuelle, psychologique
ou verbale et
une femme meurt tous les cinq jours sous les coups
de son conjoint ou de son compagnon . Ces violences
restent un sujet difficile à dénoncer pour les femmes
qui en sont victimes. C´est pour cela que l´atelier
Femmes de notre centre fait il y a quatre ans un travail
en réseau, en menant ses actions en partenariat avec
d´autres associations féminines et féministes. Notre
adhésion au Relais GRAIFF (Groupement Régional pour
l´Action et l´Information des Femmes et des Familles)
nous permet de confronter avec les autres associations
des femmes de la Région Provence Alpes Côte d´Azur
nos pratiques professionnelles. Le Centre Mer et Colline
est aujourd´hui devenu, et nous en sommes heureux,
un point d´accueil femmes. Nos permanences psychologiques
du mardi après midi, nos groups de parole du vendredi
soir, la journée du jeudi apportent tout au long de
l´année des programmes appropriés par rapport à leur
demandes. Chaque programme a la même philosophie :
on aide les femmes à sortir de la notion de victime,
de la culpabilité qui les rend des simples spectatrices
de la vie ; ici, on les pousse à être le moteur
de sa propre histoire. En outre, puisque ne sert à
rien de traiter seulement les femmes, on propose aux
hommes à parler de leur propre violence. A côté de
tout cela, on pousse les pouvoirs publiques à tenir
compte des femmes battues à travers de lois qui ne
soient pas seulement des lois d´apparence. Par exemple,
en France il y a une loi qui établie que les hommes
qui battent leur femme doivent être éloignés du foyer ;
mais on ne tient pas en compte que la réalité est
très différente, car il arrive qu´ils soit ne quittent
pas le foyer, soit s´ils arrivent à faire cela, ils
frappent tous les soirs à la porte. En revenant aux
programmes du projet, nous proposons :
- information et sensibilisation aux droits
des femmes dans la famille, dans le travail
- discussions autour des formes destructrices
du rapport sexué entre les hommes et les femmes :
nous formulons nos actions dans une logique féminine
et féministe
- formation des femmes autour du stage « mon
corps et moi » (par rapport aux problématiques
du SIDA et des cancers)
- prévention des grossesses in désirées
- formation du personnel avec le collectif SOS VIOL
- animations à thèmes : sophrologie, hammam,
pour mieux être dans sa propre peau
Nos personnes-ressources et nos partenaires:
- une conseillère
en économie familiale mise à disposition par la CAF District Sud
- la médiatrice sociale
de notre centre
- la psychologue clinicienne
présente dans les groupes de parole et les entretiens
individuels
- les associations sur Marseille
telles que : CODIF,
Planning Familiale, Service de l´Action Familiale
et des Droits des Femmes, Direction Régionale des
Droits des Femmes, SOS Femmes, CIDF Phocéen et le
réseau GRAIFF
Nos
moyens financiers :
- DSU
- Service de l´action
familiale et des droits des femmes pour la mise à
disposition gratuite de la médiatrice familiale
- Notre adhésion au GRAIFF
en tant que relais qui nous assure gratuitement une
documentation complète ; des outils tels que
films, intervenants spécifiques, etc. ; des contacts
régionaux avec les autres associations de femmes par
les journées à thèmes et les réunions auxquelles nous
participons, des mini-stages pour nos salariés »
COORDONNEES
DE L`ASSOCIATION.
Adresse : Centre Social Mer et Colline 16
boulevard de la Verrerie- 13008 Marseille
Téléphone : 0033 (0)491722291
Fax : 0033 (0)491727009
E mail : mer.colline@wanadoo.fr
Internet : www.meretcolline.com
ÉVALUATION
DU PROJET DU POINT DE VUE BEST PRACTICS.
Il est bien évident que ce projet, pour qu´il puisse
être proposé à d´autres réalités, il a besoin d´un
réseau associatif très évolué ainsi que d´un flux
de financements diversifié et constant. A remarquer
que l´insertion de la dimension du genre (gender
mainstreaming) est la première méthode de travail
en France seulement en ce qui concerne les association
féminines et féministes, telles que notamment ce Centre
Social mer et Colline. Dans les autres cas, les critères
d´évaluation auxquels les autres associations
s´inspirent sont très cadrés dans le domaine spécifique
de leur actions (par exemple : toxicomanie),
quel que soit le sexe des personnes suivies.