Charte JAMO
Préambule : La Mobilité des Jeunes Ayant Moins d’Opportunités OUVRIRA DE NOUVELLES OPPORTUNITES ET CONTRIBUERA A L'INSTAURATION D'UNE CULTURE DE LA PAIX ET DE LA TOLERANCE. L'importance de la mobilité des jeunes ainsi que les échanges d'information qui permettent d'apprendre à connaître les traditions culturelles, linguistiques et religieuses des populations du monde entier, offrent de nouvelles opportunités mais aussi permettent de renforcer la coopération entre les différents pays et d'instaurer une culture de paix et de tolérance. Au terme d'un travail exploratoire sur les modes d'évaluation de l'insertion des jeunes par la mobilité européennes qui ont contribué au projet PAC Jeunesse des critères communs de qualité apparaissent. Malgré les différences qui caractérisent les structures participantes, depuis celles qui favorisent l'accès direct à la mobilité jusqu'à celles qui luttent contre l'exclusion de la toxico-dépendance, des axes de progrès dessinent l'architecture d'une charte européenne de la mobilité des Jeunes Ayant Moins d’Opportunités. D'une part, les structures sont confrontées à des besoins et des enjeux identiques ; d'autre part, les jeunes sont aujourd'hui contraints d'arbitrer entre les offres d'emploi et les offres de formation. Pour les plus démunis d'entre eux, la reprise économique, sensible dans toutes les villes, montre qu'on les croyaient exclus de l'emploi alors qu'ils s'avèrent exclus de la société. Les principaux critères de qualité qui résultent des travaux réalisés au cours de ce projet concernent : 2 le management démocratique des structures d'accueil et d’envoi; 3 les compétences et la formation continue des personnels ; 4 la diversité des contenues proposés aux jeunes ; 5 les modalités de financement public ; 6 l'évaluation des moyens mis en œuvre et des résultats obtenus. La charte européenne des Jeunes Ayant Moins d’Opportunités peut être structurée par ces principes fondamentaux. Elle constitue un cadre de référence pour les politiques de la mobilité des pays membres de la communauté. I - INTRODUCTION La mobilité des Jeunes Ayant Moins d’Opportunités dans les villes européennes qui ont participé au projet est organisée en raison d'un manque chronique de solutions pour ceux d'entre eux qui ne parviennent pas à utiliser correctement les systèmes éducatifs et de formation professionnelle existants. De nature extrêmement différentes, les solutions explorées ont comme point commun d'associer les compétences des États, des régions et des villes, de mobiliser des moyens humains pluridisciplinaires et d'être financés sur fonds publics. Certaines structures ont mis spontanément en place des systèmes d'évaluation des résultats obtenus par les jeunes en matière d'acquisitions et de progression vers la qualification et l'emploi. Mais l'évaluation des structures elles-mêmes, en les replaçant dans le contexte des politiques nationales et locales d'emploi, relevait d'une approche nouvelle. Le processus d'évaluation partagée entre les villes a permis de dégager les principaux axes de qualité en même temps que l'importance de leur évaluation. II - LES CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES La mobilité des Jeunes Ayant Moins d’Opportunités en Europe est organisée, dans la majorité des cas, par des structures de droit privé et qui fonctionnent avec des fonds publics. L'encadrement reglementaire est souple et la mobilité est constituée d'un assemblage de services d'orientation, de formation et d'accompagnement à l'emploi. Sans programmes ni procédures préétablies, sa conception et sa mise en œuvre sont confiées à l'initiative et à la compétence de professionnels de spécialités diverses. Elle est généralement fondée sur une logique de traitement des déficits qui affectent les jeunes avec peu d'interventions sur l'offre d'emploi ou de formation. La mobilité consiste à doter les jeunes des qualités qui leur manquent au regard de celles exigées par le marché du travail afin qu'ils disposent des mêmes chances d'accès à l'emploi. Et si des structures s'attachent àla collaboration (ou tout au moins coopèrent avec) des entreprises et des acteurs économiques pour préparer les jeunes, aucune ne se donne pour objectif de modifier les emplois, leur nature et leur accessibilité. La mobilité ambitionne de modifier les jeunes, pas le marché du travail. Ceci étant, les caractéristiques générales qui constituent des atouts pour l'insertion des jeunes sont communes à plusieurs villes. La volonté politique locale qui, au delà des politiques nationales, permet seule de réaliser les coopérations entre acteurs publics et privés, entre spécialistes de l'économie, de la jeunesse et de l'action sociale. Selon les cas, elle apparaît dans les orientations des communes, naît de la mutualisation d'initiatives syndicales ou de la création d'un service municipal adapté. -Le partenariat – Les réseaux La mobilité des jeunes se réalise par la constitution d'itinéraires, de parcours inscrits dans des territoires et dans des réseaux. Elle permet de guider les jeunes pour qu'ils tirent profit de tout ce que les institutions du territoire peuvent leur apporter.Simultanément, elle doit pouvoir acheminer les offres de la mobilité jusqu'aux jeunes qui ne peuvent se mouvoir de manière autonome dans les réseaux et les institutions. Pour réussir une telle entreprise, l'insertion des jeunes doit donc constituer des réseaux à même de mutualiser leurs ressources et de créer des parcours continus vers l'emploi. - Le projet professionnel et l'individualisation de l'accompagnement A la différence de la formation professionnelle qui met les besoins de l'économie locale à la même hauteur que les besoins des personnes, la mobilité est principalement centrée sur le projet professionnel du jeune et se place du côté ses intérêts, de ses aspirations et de ses capacités.Elle va ainsi cultiver le projet, le traiter, l'enrichir, pour élever les capacités du jeune au niveau de celles qui sont requises. Ensuite, une offre correspondante sera recherchée pour y positionner le jeune.Ceci étant, la réalité montre que parfois le dispositif d'insertion conduit à modifier le projet pour l'adapter aux opportunités de formation et d'emploi locales. Cette méthode, particulière à la mobilité, comporte la nécessité d'une approche individualisée du parcours qui emporte avec elle des conséquences sur les modes d'organisation et sur les compétences des professionnels. Il est en effet nécessaire que soient bien distinguées les méthodes de bilan, d'orientation, avec celles d'accompagnement social, de prise en charge thérapeutique ou d'aide sanitaire. - L'analyse des besoins et l'évaluation des résultats La mobilité des jeunes résulte de politiques interventionnistes, elle ne constitue pas un droit positif. Dès lors, il importe qu'elle sache mesurer les besoins auxquels elle entend répondre en identifiant non seulement les jeunes sans emploi ni formation, mais en consacrant des moyens adéquats pour les caractériser. De la qualité des observations conduites sur les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes– degré d'éloignement de l'emploi– précarité économique– pauvreté culturelle– troubles sociaux et comportementaux– dépendra l'ajustement de l'insertion et d'autant son efficacité. C'est également à ce prix que l'évaluation de l'atteinte du public et de l'impact de l'insertion sur sa transformation pourront être mesurés. L'absence d'évaluation des besoins met hors de portée toute évaluation des résultats des dispositifs. Pourtant, l'existence d'un dispositif d'évaluation de la politique, du programme ou de la structure d'insertion a des effets évidents sur la qualité et sur l'efficacité du management. Par l'effet de boucle qui permet de mettre les constats de l'évaluation en regard des objectifs et des moyens alloués, on obtient une amélioration du pilotage, de l'efficience et de l'efficacité de l'ensemble. Il y faut une instance d'évaluation, un évaluateur, une méthode et des moyens autonomes de ceux de la structure évaluée. - Les services Dans tout dispositif d'insertion, il importe de bien distinguer les services qui sont effectivement rendus aux jeunes et sur lesquels ils peuvent compter dès lors qu'ils en formulent la demande. Cette identification et cette lisibilité sont essentielles, à la fois pour l'accompagnement des jeunes dans leur accès aux services, et pour l'évaluation de leur impact. Dans tous les dispositifs d'insertion des villes européennes, on trouve trois grands types de service : - l'accueil, l'orientation, le conseil, l'aide à la définition du projet de mobilité; - la formation par des moyens d'enseignement professionnel traditionnels ou par des mises en situation dans des expériences en entreprises ou en situation de production ; - l'accès aux services complémentaires tels que le logement, la santé ou la réduction des comportements a-sociaux. Selon les structures d'insertion, le service d'accès direct à l'emploi est fourni ou non, et aucune structure associée au projet ne comporte d'emplois accessibles aux jeunes – marchands et non marchands. III - L'ACCUEIL – L'ORIENTATION L'accueil des jeunes doit être réalisé dans le respect de la demande et du projet du jeune. Son organisation matérielle et humaine nécessite une adaptation aux besoins des jeunes et à leur degré d'autonomie avec : · une information accessible sur l'offre d'accueil, d'orientation, de formation et d'emploi - un accès à des conseils, de l'orientation et de l'accompagnement pour la formalisation du projet professionnel ; - la fourniture de prestations de base en matière de connaissances générales, de techniques de recherche de formation ou d'emploi ; - la mise en relation avec les services spécialisés sanitaires et sociaux nécessaires. Elle doit être assurée dans des conditions de confidentialité et réalisée par des professionnels qualifiés. Les jeunes doivent avoir accès aux évaluations initiales, aux bilans réalisés à leur sujet. L'accueil, l'orientation, l'accompagnement ne sont pas réservés aux primo-arrivants. Ils doivent être fournis avec la même qualité aux jeunes qui en font la demande au cours de leur parcours jusqu'à ce qu'ils aient acquis une autonomie complète. Les systèmes d'accueil mis en place doivent également être conçus pour assurer la veille sur les offres existantes, rechercher l'offre cachée et contribuer ainsi à développer des offres nouvelles, à tout le moins mieux adaptées aux demandes des jeunes. IV - LE MANAGEMENT Les instances dirigeantes des structures d'insertion sont conçues de telle façon que les autorités organisatrices y trouvent leur place et puissent en garantir la stabilité. Il importe que soient représentées, dans ces instances, toutes les structures politiques, économiques et sociales qui ont à connaître de l'insertion des jeunes. Selon les cas, les structures sont plus ou moins reliées aux acteurs économiques. Il importe que les structures créent des coopérations avec eux afin qu'ils puissent influer sur les processus d'insertion. Le mode de conduite de l'organisation humaine de la structure doit être démocratique, participatif, de matière à cultiver chez les agents leur capacité à entraîner l'adhésion des jeunes. De ce fait, un projet stratégique et pédagogique est élaboré par chaque structure et présenté à ses partenaires. Il est fondé sur la notion d'itinéraire comportant des produits d'insertion correctement articulés pour permettre l'accès des jeunes à la qualification et à l'emploi. Il définit les termes du contrat de service passé avec le jeune tant en ce qui concerne ses engagements que les obligations que la structure se donne à son égard. V - LES COMPÉTENCES DES PERSONNELS Les personnels auxquels sont confiés l'avenir et l'accompagnement des jeunes doivent disposer des qualifications nécessaires dans les domaines de l'enseignement professionnel, de l'éducation spécialisée, du travail social et de la psychologie.Il est souhaitable de constituer des équipes pluri-disciplinaires, cohérentes en quantité et en qualité. Compte-tenu de l'évolution rapide des métiers, de l'environnement économique et des orientations fixées aux politiques d'insertion des jeunes, un soin tout particulier doit être apporté à la formation continue des agents sur plusieurs points : - la connaissance des jeunes et de leur rapport à la formation et au travail ; - la maîtrise des processus d'insertion ; - les méthodes de travail en équipes internes et celles de la coopération avec les services externes. Les moyens de la structure doivent comporter un plan de formation continue des personnels dans ces domaines. VI - LA DIVERSITÉ DES PRODUITS D'INSERTION L'éclectisme des situations des jeunes, l'évolution rapide de leurs aspirations et de leurs comportements nécessitent une grande adaptabilité des réponses. Celle-ci réside en partie dans la diversité des produits ou des services d'insertion proposés et qui, fondés sur le principe d'individualisation, doivent comporter : - de l'auto documentation, - des séquences de mobilisation et de construction du projet professionnel, - des séquences de formation professionnelle, - des expériences en entreprise, - des informations sur les droits, - des mesures d'accompagnement individualisé, - des orientations vers les services sanitaires et sociaux. Ces produits et ces services sont fournis soit en régie directe, soit par d'autres structures. Dans ce second cas, des conventions de collaboration sont établies afin d'en garantir l'accès aux jeunes. VII - LES MODALITÉS DE FINANCEMENT Les financements de l'insertion des jeunes sont d'origine publique et, selon les pays, proviennent de plusieurs sources : Etat, Territoires et FSE. Il importe que les structures disposent d'un financement stable et homogène pour leur fonctionnement courant. Elles peuvent par ailleurs trouver des financements soutenant des projets ou des collaborations particulières. VIII - L'ÉVALUATION Les dispositifs d'insertion se sont donné les moyens d'évaluer la progression des jeunes dans le parcours d'insertion. Ils mettent au point des bilans, différentes évaluations individuelles, l'identification des acquis et la qualification des jeunes.
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